Cameroun: Sangmelima - Le linge sale lavé en famille

Une grande réunion, baptisée « dialogue intercommunautaire », s'est tenue vendredi 11 octobre 2019.

« Notre préoccupation actuelle est que le calme et la paix reviennent dans cette belle et accueillante ville». C'est par ces propos liminaires que le gouverneur Félix Nguélé Nguélé a introduit la réunion, baptisée « dialogue intercommunautaire », vendredi 11 octobre 2019 à Sangmelima. La salle des actes de la permanence du parti, à Akon, s'est même révélée étroite pour contenir les habitants de la capitale du Dja-et-Lobo, venus avec la volonté manifeste de « laver le linge sale en famille ».

Ainsi, dans un premier temps, il est revenu au préfet David Koulbout Aman de présenter les faits et dresser un tableau du bilan humain et matériel des événements. Ensuite, l'on a eu droit aux différentes prises de parole des jeunes, des chefs des différentes communautés, des chefs tradition"nels et des élites. Le gouverneur Félix Nguélé Nguélé a, à la fin, fait quelques recommandations et prescriptions aux uns et aux autres.

La question posée ici était de savoir comment on en est arrivé là dans cette ville où l'hospitalité est une caractéristique culturelle, où l'acceptation de l'autre n'est pas un simple concept, où le vivre ensemble est une réalité permanente. La réponse est venue des interventions des jeunes. Leurs représentants ont tour à tour pris place à la tribune pour dire comment l'assassinat, la semaine d'avant, du jeune Benjamin Assam Belinga, moto-taximan de profession, a été « la goutte d'eau qui a fait déborder le vase ».

Pour Ze Messele et Marie-Josée Bedjeme, la ville enregistre de nombreux cas de vols, de viols et de meurtres avec mutilations. Les auteurs de ces méfaits, argumentent- ils, sont connus, ils ont, à chaque fois, été arrêtés par les forces de l'ordre, parfois déférés devant les tribunaux, mais toujours remis en liberté. Ces derniers venant, en quelque sorte, narguer les familles des victimes. Les jeunes ont aussi évoqué le manque d'encadrement dont ils font l'objet de la part de l'élite. Ils ont parlé du besoin d'emplois décents, de certains projets structurants inachevés, comme autant d'éléments qui justifient leur mal-être.

S'exprimant avec bienveillance, les chefs des différentes communautés Bamoun, Bamiléké, Haoussa, Eton, Mbamoise, du Nord-Ouest et du Sud- Ouest, établis à Sangmelima, ont relevé les actions de promotion du civisme, du vivre ensemble et du respect des lois qu'ils mènent au quotidien auprès des jeunes.

A leur tour, les chefs traditionnels, conduits par S.M. Désiré Effa, ont prodigué des conseils pour que « de tels événements malheureux ne se reproduisent plus jamais ». Au nom des élites, le ministre d'Etat, Pr. Jacques Fame Ndongo, dira ceci aux jeunes : « Nous sommes venus réunir les conditions de paix ; nous vous avons écouté, nous connaissons les problèmes. Nous allons désormais prendre nos responsabilités à travers des décisions réalistes face aux problèmes qui se posent ». Le gouverneur Félix Nguélé Nguélé a prescrit une étroite collaboration entre autorités administratives et chefs de communauté, la promotion d'un esprit de tolérance et de paix.

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