Guinée: Tensions et commerces fermés pour la journée de manifestations

Photo: Le Pays
Répression de la manif
14 Octobre 2019

Au lendemain d'une vague d'arrestations de militants de l'opposition, des premiers signes de colère sont signalés notamment à Labé et Nzérékoré. La journée est annoncée à risque et les commerçants se protègent.

Depuis l'annonce par le Front national pour la défense de la constitution, de la tenue d'une manifestation ce lundi (14 octobre), l'inquiétude grandit au sein des populations. Par le passé, les manifestations se sont souvent soldées par des violences avec pour conséquences des morts et des dégâts matériels.

Oumar Sylla appelé "Fonike Mangue" est chargé de la mobilisation au sein du Front de l'opposition. Il est déterminé à braver les avertissements lancés par les autorités et aller manifester car explique-t-il, "c'est l'article 10 de la constitution qui (nous) confère cela. Alors un ministre qui ne respecte pas les lois de la république ne peut pas nous interdire et qu'on suive ses interdictions. Nous sommes prêts à montrer au professeur Alpha Condé que ce qu'on lui raconte n'est pas vrai. Qu'il renonce à ce projet de 3ème mandat parce que ce n'est pas bon pour le pays. Nous demandons aux forces de sécurité de venir nous protéger".

Activités paralysées

La manifestation de l'opposition est dans toutes les discussions à Conakry. Les commerçants installés sur l'axe Hamdallaye-Bembeto comptent fermer leurs boutiques.

Alseni Barry, un commerçant préfère rester prudent. "Si nous nous sentons en sécurité, nous allons ouvrir nos boutiques" affirme-t-il en précisant qu'au cas contraire les boutiques resteraient fermées.

"Si nous fermons nos boutiques, cela ne veut pas dire que c'est politique mais on veut sauvegarder nos biens qu'on a cherchés pendant des années. Lors de la dernière manifestation, les commerçants ont perdu plus de 600 millions. Personne n'a été dédommagé !" se souvient-il encore.

Pour des manifestations pacifiques

L'ONG Femme, développement et Droits humains en Guinée fait de la senbilisation en vue de l'organisation de manifestations non violentes. Cette structure a tenu une série de formation à l'intention des jeunes leaders et des forces de l'ordre.

Moussa Héro Bah la présidente de l'ONG est certaine qu'avec cette sensibilisation, il y aurait moins de violences car dit-elle, "juste après la formation, les mois qui ont suivi notre constat était que les jeunes et les forces de l'ordre échangeaient. Il y avait des zones de tensions et les jeunes leaders qui ont participé à cette formation réussissaient parfois à sensibiliser leurs camarades sur le terrain à manifester sans violences, sans casser, sans brûler des pneus ou sans blesser quelqu'un. Parfois quand les services de sécurité étaient débordés vu qu'ils étaient déjà en contact avec ces jeunes leaders ils les appelaient pour les aider. On était heureux de constater qu' une manifestation pouvait se dérouler sans bavure", explique Moussa Héro Bah.

Samedi (12 octobre), le chef d'état-major général des armées, Namory Traoré a indiqué que les militaires seraient "consignés dans leur casernes à partir de ce 14 octobre". Il a par ailleurs "invité" la police et la gendarmerie à "agir avec professionalisme dans le strict respect des lois de la république".

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