Congo-Kinshasa: Un deuxième vaccin contre Ebola en RDC

13 Octobre 2019
interview

La RDC va recourir à un second vaccin afin d'éradiquer l'épidémie qui a causé plus de 2.144 morts depuis août 2018. Ce second vaccin est fabriqué par Johnson & Johnson.

Le Professeur Jean-Jacques Muyembe est le secrétaire technique du comité national multisectoriel de lutte contre Ebola et la DW lui a posé des questions sur ce nouveau vaccin.

DW : La République démocratique du Congo compte bientôt introduire un deuxième vaccin expérimental. Doit-on comprendre que le premier vaccin n'a pas donné les résultats escomptés ?

Professeur Jean-Jacques Muyembe : Non, nous ne pouvons pas dire cela. Nous recherchons une complémentarité. Le premier vaccin qui a montré son éfficacité, a coupé la chaîne de transmission autour des cas confirmés. Ce vaccin a brisé la chaîne de contamination mais les besoins sont énormes et pour atteindre un grand nombre de personnes, il faut un nouveau vaccin qui protégera les provinces et les zones qui ne sont pas encore touchés par la maladie. Il s'agit d'un rideau vaccinal. Il est important d'avoir deux vaccins pour l'avenir. C'est une synergie entre les deux vaccins.

DW : En quoi le nouveau vaccin sera-t-il différent de l'actuel ?

Professeur Jean-Jacques Muyembe : C'est un vaccin qui sera beaucoup plus extensif. Nous pourrons vacciner toute une province ou une région. L'autre est plus restrictif et a une stratégie bien limitée autour des cas confirmés par les laboratoires. Avec le nouveau vaccin, on n'aura pas besoin de cas confirmés par les laboratoires pour faire la vaccination dans une région. On va vacciner tout le monde sans attendre qu'il y ait un ou plusieurs cas de la maladie.

DW : Qui seront prioritaires pour ce nouveau vaccin ?

Professeur Jean-Jacques Muyembe : Si nous pouvons le faire avec le Rwanda, nous allons en priorité vacciner ceux qui font le petit commerce entre les deux pays, qui vont de Goma à Gisenyi. Il s'agira de près de 64 mille personnes par jour. A Goma, nous ferons la vaccination dans deux communes. Nous irons ensuite dans d'autres provinces.

DW : Il y a des traitements et un vaccin mais des gens continuent à mourir. Pourquoi ?

Professeur Jean-Jacques Muyembe : Nous avons des traitements contre le paludisme mais les gens continuent aussi à mourir de cette maladie. Nous demandons aux gens de se présenter dès l'apparition des premiers signes. Plus tôt on se présente, plus on a des chances de guérir de la maladie.

DW : Combien de personnes comptez-vous atteindre avec ce nouveau vaccin ?

Professeur Jean-Jacques Muyembe : Nous comptons toucher plus de 500 mille personnes avec ce nouveau vaccin. Les vaccins seront disponibles autour du 20 octobre et la vaccination demarrera début novembre.

DW : Quel est aujourd'hui la situation ?

Professeur Jean-Jacques Muyembe : Nous avons aujourd'hui 5 à 7 cas par semaine alors qu'il y a quelques jours, nous étions entre 15 et 40 cas par semaine. Donc, nous voyons déjà le bout du tunnel.

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