Bénin: Des propositions chocs au dialogue politique

11 Octobre 2019

Les délégués au dialogue national ont échangé notamment sur le système partisan au Bénin et le sort de l'actuelle législature. Le dialogue devrait s'achever ce samedi par des recommandations au président Patrice Talon.

Plusieurs participants aux discussions, de la mouvance présidentielle comme de l'opposition, affichent leurs bonnes impressions sur la conduite du dialogue national.

A l'ouverture ce jeudi (10 octobre), le président Patrice Talon s'est surtout montré préoccupé par la question de la réorganisation du paysage politique béninois. Ce point qui s'est retrouvé à l'ordre du jour a déjà fait l'objet de plusieurs propositions, explique Céphise Béo Aguiar, secrétaire exécutif du Mouvement des élites engagées pour l'émancipation du Bénin (MOELE).

En effet dit-il, "il y a même eu des propositions d'assouplissement lors du dépôt de dossier pour l'enregistrement, que les observations soient faites une fois en bloc par exemple. Il ne serait pas vraiment intéressant - et là-dessus les acteurs sont unanimes - de regresser pour encore retomber dans cette hyper fragmentation politique qui nous a amenés à 200 ou 300 partis politiques. L'ensemble des échanges se passe dans une ambiance bon enfant parce que tout peut être dit. Aucun parti présent n'a décidé par exemple de se retirer de ce qui est en train de se faire."

Tout est ouvert

Sur les neufs partis politiques invités au dialogue, huit ont effectivement répondu à l'appel dont les deux grands blocs qui soutiennent Patrice Talon, l'Union progressiste et le Bloc républicain.

Idji Kolawolé, ancien président du parlement et membre influent de l'Union progressiste (UP) participe aussi au dialogue politique. Il explique qu'aucun sujet n'est interdit que "certains (délégués) demandent par exemple que les députés démissionnent tous unanimement pour qu'on reprenne les élections. D'autres proposent d'autres formes de solutions. C'est pour vous dire que tout est ouvert et que toutes les propositions sont enregistrées."

Après des mois de tensions politiques inhabituelles dans ce pays, les Béninois espèrent une sortie de crise.

Responsabilité devant l'histoire

Octavianus Akpabli, Agrégé en Economie dit vouloir croire á la bonne foi des acteurs politiques de son pays. "Mais je rappelle que le peuple béninois a commencé la réécriture de son histoire depuis trente ans. Et le moment viendra où ce peuple se souviendra qu'ils ont été les acteurs des troubles que nous avons connus aujourd'hui. Donc ils ont la responsabilité de s'entendre et de tourner la page aujourd'hui au Bénin pour que le Béninois lambda puisse vivre paisiblement dans son pays", martèle ce professeur d'université.

Le rapporteur principal du dialogue, Victor Topanou, n'était pas disponible pour commenter les travaux à ce stade. Mais des propos très conciliants qui lui sont attribués semblent indiquer qu'il y aura une séance de rattrapage pour la partie de l'opposition qui n'est pas présente au dialogue.

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