Tunisie: Fin de campagne présidentielle animée

11 Octobre 2019

Avec la libération in extremis de Nabil Karoui, le ton est finalement monté d'un cran au dernier jour de la campagne pour l'élection présidentielle.

Au dernier jour de la campagne pour le second tour de la présidentielle qui se tient ce dimanche 13 octobre en Tunisie, le candidat Nabil Karoui, qui vient d'être libéré de prison, s'en est pris directement à son rival. L'homme d'affaires accuse le juriste Kaïs Saïed d'être "un bras" du parti d'inspiration islamiste Ennahda, vainqueur des élections législatives.

A peine sorti de prison, Nabil Karoui, poursuivi pour corruption, a utilisé l'artillerie lourde contre son concurrent Kaïs Saïed. Dans la nuit du jeudi 10 octobre au vendredi, l'homme d'affaires poursuivi pour corruption n'a pas hésité à faire un raccourci entre le mouvement islamo-conservateur Ennahda et le candidat lors d'une interview d'une heure sur une télévision privée :

"Aujourd'hui, Ennahda aura à 100% la présidence du parlement et à 100% la présidence du gouvernement. Si Kaïs Saïed passe, Ennahda aura aussi la présidence de la République. Kaïs Saïed dit lui-même qu'il n'a pas de parti, qu'il n'a pas de programme. Il dit qu'il n'a rien. Ennahda est venu du coup tout de suite derrière lui. On l'a vu. Je ne veux pas attaquer la personne car je la respecte mais il faut être réaliste. Kaïs Saïed est un bras d'Ennahda comme Marzouki l'était avant lui."

Kaïs Saïed garde son calme

Cette attaque frontale est étonnante car Kaïs Saïed ne s'en est jamais pris à son concurrent sur ce ton. Arrivé en tête du premier tour, Kaïs Saïed avait même décidé de ne pas faire campagne tant que son concurrent était emprisonné.

Peu après la libération de Nabil Karoui et la reprise de la campagne électorale, Kaïs Saïed a d'ailleurs invité les Tunisiens à aller massivement aux urnes pour assumer leur responsabilité historique :

"Je m'étais engagé jusque-là à ne pas faire de campagne explicative. Mais pour que personne ne vienne remettre en cause la volonté des Tunisiens et la légitimité de ces élections, je me suis contenté du silence. Je n'ai fait aucune déclaration à aucun média, malgré les invitations nombreuses que nous recevons quotidiennement. Ethiquement j'ai refusé cela. J'étais très loin d'être le responsable de la situation que traverse la Tunisie."

La campagne électorale se termine officiellement ce vendredi soir à minuit. En attendant, la mobilisation des deux camps reste d'une intensité féroce.

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