Congo-Kinshasa: Nord-Kivu - Des enseignants exigent la suppression des zones salariales et fustigent la médiatisation de leurs salaires

Environ 400 enseignants des écoles publiques de la ville de Goma ont pris d'assaut, ce lundi 14 octobre, la route Goma-Sake jusqu'au Gouvernorat de la province du Nord-Kivu où ils ont déposé un mémorandum contenant quelques revendications.

Au cours d'une marche pacifique organisée ce lundi à Goma (Nord-Kivu), les enseignants des écoles publiques de Goma sont partis de l'Institut de Goma, craie et stylo rouge en mains, entonnant des chansons d'interpellation. Ils ont été encadrés par la Police nationale congolaise (PNC).

Pour Innocent Bahala Shamavu, enseignant à l'Institut Majengo de Goma, l'objectif de cette marche pacifique est de saisir l'autorité provinciale sur les maux qui rongent la démarche de la gratuité de l'Enseignement de base en République démocratique du Congo (RDC).

Il précise que le mémorandum présenté au Gouverneur du Nord-Kivu, compte trois points essentiels auxquels ils attendent une suite favorable faute de quoi, la grève sera radicalisée jusqu'à ce qu'ils trouvent gain de cause.

« Nous voulons premièrement le paiement, sans condition et sans délai, des nouvelles Unités et des non payés qui ne sont pas repris dans les listings.

Deuxièmement, il faut que l'État démente sur le plan médiatique que les enseignants n'ont pas touché les 245 dollars prévus ; seuls les payés ont touché 175 dollars.

Et enfin, nous sollicitons une plaidoirie auprès des autorités pour la suppression des zones salariales », a déclaré Innocent Bahala, l'un des organisateurs de cette marche.

Entre confusion et manque de considération

Pour sa part, John Kabuya, enseignant et chargé de mobilisation au sein du Syndicat des écoles officielles à Goma, dénonce les méfaits créés suite à la création des trois zones salariales en RDC par le Ministère de l'Enseignement primaire, secondaire et technique.

« Aujourd'hui, il y a une forte confusion et la non considération des diplômes des enseignants pour leur paiement, alors que c'est sur cela qu'on devrait se baser pour catégoriser la paie des enseignants.

Vous verrez un enseignant qui a un diplôme d'État exerçant dans la zone de Kinshasa être mieux payé que celui qui est licencié mais, qui est dans la zone salariale par exemple du territoire de Walikale.

C'est une cacophonie totale. Les enseignants qui œuvrent dans des périphéries sont négligés, c'est pourquoi nous demandons la suppression de ces trois zones salariales », a-t-il suggéré.

Non à la médiatisation de salaires des enseignants

En outre, ces enseignants exigent que leur salaire ne soit pas sujet de médiatisation à travers les médias. « Nous ne connaissons pas officiellement ce que touchent les ministres et autres cadres politiques.

Lorsqu'on dit publiquement que l'enseignant congolais touchera 245 dollars, ça le met en danger face au policier congolais qui touche moins que ça. Qu'il y ait une discrétion de la part de l'État sur cette question », recommande John Kabuya.

Par ailleurs, Jean-Paul Kahindo Maregani, Directeur de cabinet du Gouverneur de province qui a reçu ce mémorandum promet aux enseignants la transmission de toutes leurs recommandations au Gouverneur Carly Nzanzu Kasivita qui donnera la suite à ces « hommes de la craie », après étude approfondie sur la question.

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