Burkina Faso: Crise au CDP/ Achille Tapsoba - «Nous allons œuvrer à rapporter les sanctions»

La crise qui secoue le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et ses derniers développements que sont les correspondances du président d'honneur, Blaise Compaoré, envoyées aux protagonistes dans le but de les réconcilier ont été l'objet d'une conférence de presse hier 14 octobre 2019 au siège du parti.

Achille Tapsoba, vice-président de l'ex-parti majoritaire, a signalé de prime abord que ces écrits sont authentiques et ne constituent aucunement un désaveu de la direction politique nationale ni des décisions issues du congrès extraordinaire ; lequel a prononcé des sanctions contre des militants. Mieux, ces responsables entendent œuvrer à rapporter les punitions.

Autant les hommes et les femmes de médias piaffaient d'impatience pour avoir la réaction des responsables du CDP suites aux lettres du président d'honneur, Blaise Compaoré, autant ceux-ci brûlaient d'envie de s'exprimer sur la question.

A peine installé, juste le temps de parfaire certaines notes et voilà le vice-président du parti, Achille Tapsoba, qui demande à l'assistance une minute de silence à la mémoire des Burkinabè tombés dans la mosquée de Salmossi du fait d'individus au penchant funeste. Cette minute est également dédiée à l'ensemble des compatriotes qui ont été fauchés par les terroristes.

Passé ce requiem, il en est venu au congrès extraordinaire du parti du 22 septembre 2019 dont le point unique de l'ordre du jour s'intitulait: «Examen du rapport circonstancié du bureau exécutif national sur la mise en œuvre de la résolution portant finalisation de la liste des membres du Bureau politique national ».

L'une des décisions de cette instance, a-t-il rappelé, a été les sanctions d'exclusion et de suspension de certains militants qui étaient en porte-à-faux avec les textes fondamentaux du parti, d'autres allant jusqu'à ester en justice contre le CDP. Ce sont une vingtaine de personnes qui sont concernées par ces sanctions dont Léonce Koné et Mahamadi Kouanda.

Cet épisode de la vie du CDP a ouvert la voie à l'entrée en scène du fondateur du parti. Résultat de la médiation : une lettre de Blaise Compaoré exhorte Eddie Komboïgo à rapporter les sanctions prononcées, et une autre appelle les sanctionnés à mettre fin aux poursuites judicaires et à s'apprêter à rejoindre le navire CDP.

Ces décisions ont été prises, selon Achille Tapsoba, dans un esprit de renforcement de la cohésion et de l'unité du parti en vue de relever les défis électoraux de 2020.

La question de l'authenticité des communiqués ne faisant aucun doute, la direction politique nationale dit saluer les orientations qui y sont contenues à leur juste valeur et croit que la réaction du président d'honneur ne pouvait aller que dans le sens du rassemblement, de la cohésion et de l'unité.

Aussi est-elle prête à œuvrer, avec la diligence requise, à rapporter les sanctions «pour qu'ensemble avec ces camarades sanctionnés, nous menions le bon combat pour la victoire du CDP aux scrutins à venir ».

La direction politique nationale, par la voie d'Achille Tapsoba, dit être en phase avec le président d'honneur et qu'avec la levée des sanctions, le parti sera plus fort et uni avec la certitude d'être victorieux aux prochaines joutes électorales.

Blaise Compaoré peut-il remettre en cause des décisions du congrès ?

Maintenant tout ouïe aux préoccupations des journalistes, les conférenciers du jour s'attendaient certainement à cette question : Blaise Compaoré, soit-il le fondateur ou le président d'honneur du parti ? a-t-il le pouvoir de remettre en cause des décisions du congrès ?

Autrement dit, est-ce qu'il n'est pas temps de penser à l'exclusion du président d'honneur qui a outrepassé ses compétences ? Une question qui a fait sourire ou pouffer de rire les animateurs de la conférence et des militants.

Et Achille Tapsoba de répondre en citant des dispositions distinctes du statut du parti: « Les décisions du congrès sont exécutoires et ne peuvent être révoquées que par un autre congrès.

En tout état de cause, lorsque le président d'honneur estime que l'intérêt supérieur du parti l'exige, il convoque toute instance qu'il souhaite réunir, fixe l'ordre du jour et les modalités pratiques de sa tenue.

Le poste de président d'honneur est hors hiérarchie». Il indique par conséquent que ce rapportage sera fait conformément aux procédures, aux démarches et aux formes statutaires du parti. Pour lui, les orientations du médiateur ne consacrent ni la victoire des sanctionnés, ni celle de ceux qui ont sanctionné.

«C'est la victoire du parti », a-t-il martelé. Mais un confrère se montre dubitatif avec cette question : «Certains des sanctionnés avaient pris position pour un candidat indépendant, qui a d'ailleurs démissionné du CDP. Vous, en les réintégrant, qu'est-ce qu'ils vous donnent comme gage ?

Est-ce dire qu'ils ne vont plus continuer à soutenir ce dernier ou qu'il n'y a même pas de garantie ?». La garantie, à l'écouter, se trouve dans la lettre à eux adressées, puisqu'il leur a été signifié de se tenir prêts à réintégrer les rangs tout en renonçant aux procédures judiciaires et dans la discipline.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: L'Observateur Paalga

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.