Cameroun: Dr Erik Essoussè, directeur général des Elections - « Il faut du temps »

interview

Monsieur le Directeur général, Elections Cameroon avait fixé à 10 millions d'inscrits, son objectif à l'issue de la révision des listes électorales de cette année. Mais le 31 août dernier, on a à peine dépassé la barre de 7 millions. Qu'est-ce qui n'a pas marché ?

Elecam s'était projeté d'inscrire 10 millions de Camerounais, mais cette projection était sur le long terme. Nous y tendons. Pour y arriver, il faut du temps. Si aujourd'hui nous en sommes à 7 millions, l'on peut dire que les prévisions sont presque atteintes. Il y a du potentiel.

L'inscription sur les listes électorales n'étant pas obligatoire, nous devons mettre l'accent sur la sensibilisation. Celle-ci n'est pas du seul ressort d'Elecam mais de tous les acteurs du processus électoral. Notamment, les partis politiques (qui sont les premiers bénéficiaires) et la société civile.

C'est vrai qu'ils le font déjà mais ils doivent davantage en faire. Nous leur donnons notre cadre, à savoir nos antennes, notre dispositif dans les rues. Il faut qu'ils nous amènent les électeurs.

Nous nous déployons au plan technique, et nous devons nous-mêmes aller aussi chercher les électeurs. Il faut donc une implication des formations politiques.

Toutefois, nous avançons mais de manière méthodique. Simplement parce que nous devons nous assurons que le citoyen que nous inscrivons le bon électeur. C'est une chose que d'avoir les chiffres, mais c'est encore une autre que d'avoir les bons chiffres. C'est ce que nous faisons et la tendance est bonne.

Et pourtant au lendemain du contentieux électoral de la présidentielle, on a eu le sentiment qu'il y avait un engouement des citoyens par rapport au processus électoral. Et on s'entendait à ce qu'Elecam capitalise cela...

Nous avons capitalisé cet engouement en faisant davantage inscrire des gens puisqu'au cours de l'exercice 2019, nous avons pratiquement inscrit 500 000 personnes.

Ce qui est vraiment à encourager pour l'opération d'inscription sur les listes électorales. Donc, nous avons travaillé dans le sens de la mobilisation du maximum d'électeurs.

Quelles stratégies avez-vous mises sur pied pour enrôler le maximum d'électeurs ?

Nous avons fait plusieurs campagnes de sensibilisation. Nous allons vers les jeunes et toutes les autres cibles potentielles.

Nous nous rendons présents lors des grands rassemblements, les meetings, les foires, les églises, les marchés, etc.

En réalité, nous essayons d'être partout. Mais, nous continuons de demander aux différents acteurs du processus de continuer à nous aider.

Ils le font mais ils peuvent faire plus et mieux. Les formations politiques, principale partenaire dans ce processus, posent régulièrement le problème de moyens financiers d'accompagnement.

Quelle attention accordez-vous à une telle revendication ?

Les partis politiques ont pourtant un financement, sur la base des lois en vigueur. Donc, il ne leur faut pas chercher quelque chose et son contraire. Les partis politiques veulent avoir les électeurs, ils sont aussi à la conquête du pouvoir.

Donc, ils ont besoin d'électeurs pour atteindre leurs objectifs. Il leurs appartient maintenant de mobiliser leurs militants.

Elecam contribue à mesure de ses possibilités pour accompagner et faire fonctionner les commissions mixtes de révision des listes et de distribution des cartes électorales. Les formations politiques doivent faire le reste.

Que faites-vous pour les impliquer davantage dans le processus ?

C'est notre affaire commune et constante. Nous devons travailler ensemble. J'en profite encore pour faire appel aux partis politiques, afin qu'ils continuent à se mobiliser. Ils doivent le faire plus que par le passé. Nous les encourageons et sommes disposés à travailler avec eux.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Cameroon Tribune

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.