Sénégal: Effondrement d'un balcon à la rue 6x3 de la Médina - 1 mort et 3 blessés graves dont 1 bébé

15 Octobre 2019

1 mort et 3 blessés graves dont un enfant, c'est le bilan de l'effondrement du balcon d'un bâtiment menaçant ruine à la rue 6X3 à la Médina (Dakar), hier lundi. La victime, Ya Seyda, est une dame âgée qui habitait la maison voisine mais qui avait l'habitude de s'assoir sous l'ombre du bâtiment dont le balcon s'est effondré.

Le corps sans vie de la victime a été acheminé à la morgue de l'hôpital Principal de Dakar par les Sapeurs-pompiers. Les blessés ont également été transportés aux urgences de l'hôpital Principal.

Le préfet de Dakar, Alioune Badara Samb, le sous-préfet et le maire de la Médina, Bamba Fall, étaient sur place. Pour le préfet de Dakar, c'est d'abord un problème de l'âge, du respect des normes de construction qui se pose car rares sont les Sénégalais qui ont des autorisations de construire.

Pis les règles édictées, les prescriptions de la Commission auxiliaire de protection civile ne sont souvent pas respectées.

Et l'édile de la Médina, où 64 vieux bâtiments ont été recensés, de relever qu'il n'est pas de la responsabilité de la mairie de détruire une maison menaçant ruine, mais du propriétaire.

Après que les secours ont évacué tout le monde, le reste du bâtiment était en train d'être détruit, hier soir, sous la supervision de ces autorités.

ALIOUNE BADARA SAMB, PREFET DU DEPARTEMENT DE DAKAR : «Les responsabilités sont partagées»

«Nous avons effectivement regretté l'effondrement d'un balcon, une bonne partie d'une maison qui est quasiment en situation de ruine, qui malheureusement a couté la mort d'une personne mais également 3 blessés dont 1 bébé.

Cette situation est dramatique. Lorsqu'on a été avisé, vous avez constaté que les Sapeurspompiers sont là, ils ont procédé à l'évacuation des blessés mais également à l'enlèvement du corps sans vie.

Ça pose vraiment la problématique des bâtiments particulièrement à la Médina qui est un vieux quartier comme vous le savez.

Et, malheureusement, à chaque hivernage, à chaque période de saison des pluies, nous constatons des effondrements. C'est dommage et je pense qu'il y a vraiment lieu de réfléchir sur cette problématique.

En matière, de construction de bâtiment, il y a un code qu'on appelle le Code de la constitution qui donne des compétences assez larges aux autorités locales à savoir les maires mais également l'administration dans une certaine mesure.

Malheureusement, le process est tellement lourd, tellement compliqué à mettre en œuvre ; ce qui fait que nous constatons souvent des effondrements.

Parce qu'en réalité, à chaque fois qu'un bâtiment est en situation de ruine, la procédure veut que le maire prenne ce qu'on appelle un arrêté de péril qui déclare le bâtiment en péril, qu'il le notifie aux intéressés parce que ça pose la problématique d'une mise en synergie entre la sécurité mais également le droit de propriété.

Et c'est aux personnes en tant que telles de s'en charger, de mettre en œuvre des mesures qui ont été édicté par la Commission auxiliaire de protection civile. Malheureusement, les gens construisent sans autorisation de construire, cela pose véritablement le problème de la solidité des bâtiments.

Il y a également que la tâche est tellement immense que vous devinez qu'il est difficile de venir voir une maison, d'expulser les gens, mais également de démolir de facto.

Nous édictons des règles, des prescriptions à travers la Commission auxiliaire de protection civile, mais il se trouve que les gens ne respectent pas ces règles et souvent on est là en situation de peur.»

IMMEUBLES DES MARISTES: «LE MAIRE N'A PAS VOULU PRENDRE L'ARRETE DE PERIL, LE SOUS-PREFET S'EST SUBSTITUE»

«Cela ne veut pas dire que l'Etat ne fait rien parce que présentement nous sommes sur un dossier qui est la situation de l'immeuble des Maristes, le maire n'a pas voulu prendre l'arrêté de péril, l'autorité administrative, à savoir le sous-préfet s'est substitué.

Nous allons lancer une procédure et cette fois ci, on ne va pas attendre que le pire arrive. Donc, nous avons pris la décision de les expulser et de procéder à la démolition de ces immeubles là, comme c'est le cas pour beaucoup d'immeubles.

Comme je l'ai dit tantôt, la tâche est extrêmement vaste, il y a beaucoup d'immeubles qui menacent ruine et la responsabilité première c'est d'abord la responsabilité des propriétaires mais également de tous les acteurs, à savoir les autorités locales.»

«RARES SONT LES SENEGALAIS QUI ONT DES AUTORISATIONS DE CONSTRUIRE»

«Il est difficile aujourd'hui de dire qu'il y a tant de bâtiments (menaçant ruine, ndlr) parce que c'est d'abord le problème de l'âge, du respect des normes de construction ; rares sont les Sénégalais qui ont des autorisations de construire.

Les normes architecturales édictées ne sont pas souvent respectées ; ce qui pose véritablement la problématique du respect des règles qui régissent le Code de la construction, les questions d'urbanisme et d'habitat. Cela nécessite une intervention de tout un ensemble d'acteurs parce que les responsabilités sont partagées.»

BAMBA FALL, MAIRE DE LA MEDINA «J'interpelle le chef de l'Etat qu'il nous aide afin qu'on puisse démolir ces 64 bâtiments déjà recensés»

«Je regrette ce qui s'est passé parce qu'on a eu un corps sans vie d'une dame très âgée et aussi des cas de blessures. Il y a moins d'un mois, j'avais alerté l'opinion et la presse parce qu'à la Médina, nous avions recensé plus de 64 bâtiments qui menacent ruine.

Les arrêtés de péril ont été pris et délivrés, mais jusqu'à présent, on n'a pas eu assez de réactions. J'interpelle l'Etat et le chef de l'Etat qu'il nous aide afin qu'on puisse démolir ces bâtiments qui, à tout moment, peuvent s'affaisser.

Cest un cas aujourd'hui, demain aussi on peut voir un autre cas. Donc, à la Médina, c'est un danger qui est là. Nous regrettons ce qui passé et saluons la présence du préfet et du sous-préfet qui nous aident beaucoup à régler ce problème.

A la Médina, les bâtiments sont très vieux ; les établissements scolaires aussi. C'est le cas de (l'école) Alassane Ndiaye Alou qui date de plus de 50 années, les dalles menacent ruine et à tout moment ça peut s'affaisser sur les élèves.

On a des cas de mosquées aussi et d'églises. Donc, je pense qu'il n'est pas de la responsabilité de la mairie de détruire la maison, non la mairie n'a pas de budget, c'est le propriétaire de la maison qui doit détruire son bâtiments.

Du fait qu'on n'a pas de budget, je demande à l'Etat de nous aider afin que l'on puisse démolir ces 64 bâtiments déjà recensés et qui menacent ruine et qui peuvent s'affaisser à tout moment et créer des dégâts.»

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