Sénégal: Sonko «esseulé» face au rouleau compresseur

15 Octobre 2019

L'ancien Directeur des domaines, Mamour Diallo, accusé de détournement de deniers publics d'une valeur de 94 milliards par le leader de Pastef/Les Patriotes, Ousmane Sonko, porte plainte ce jour contre son accusateur, sauf changement de dernière minute.

Le responsable apériste porte l'affaire devant les juridictions après avoir été lavé par la commission d'enquête parlementaire.

Ainsi donc, le déclenchement de la poursuite judiciaire contre le candidat malheureux à la présidentielle de février dernier intervient dans un contexte de retrouvailles entre le président Macky Sall et l'ancien chef de l'Etat, Me Abdoulaye Wade «proche» de Sonko, à la veille de la présidentielle.

A ne pas oublier la rencontre entre le leader de Rewmi, Idrissa Seck et l'ancien maire de Dakar fraichement gracié, Khalifa Sall, deux leaders dont les rapports avec le député Sonko paraissent glacés

Le leader du parti Pastef/Les Patriotes, Ousmane Sonko, serait-il en plein œil du cyclone ? Le moins que l'on puisse dire, c'est que la machine judiciaire semble être mise en branle.

L'accusé dans cette affaire de détournement de deniers publics estimé à 94 milliards, à savoir l'ancien Directeur des Domaines, Mamour Diallo porte plainte ce jour, à 11h, contre le député Ousmane Sonko.

Si bien évidemment, aucun changement de dernière minute n'intervient. La plainte longtemps réclamée par les uns et les autres, ou encore lancée comme défi par l'accusateur, qui croit fermement qu'il y a bel et bien détournement de deniers publics dans cette affaire et que l'accusé n'oserait jamais porter ladite affaire devant les juridictions du pays, sera finalement effective.

Seulement, la plainte du responsable apériste intervient dans un contexte particulier qui ne semble pas très favorable à Ousmane Sonko.

Pour bien de raisons ! En effet, le candidat malheureux à la présidentielle de février 2019, sera attrait devant la barre après que les parlementaires ont fini de «blanchir» Mamour Diallo.

La Commission d'enquête parlementaire sur l'affaire des "94 milliards" a clairement indiqué qu'il n'y a pas eu de détournement de deniers publics dans la mesure où il n'y a pas de décaissement de cette manne financière dont fait état Ousmane Sonko.

Qui plus est, ladite commission dirigée par le député socialiste, Cheikh Seck, estime que le leader de Pastef a joué un rôle d'intermédiaire, pratique interdite par la loi, dans cette affaire d'expropriation pour cause d'utilité publique.

L'ANCIEN «CONSEILLER» WADE FUME LE CALUMET DE LA PAIX AVEC MACKY

Autre fait, et pas des moindres, la bataille judiciaire entre Mamour Diallo et Ousmane Sonko s'ouvre au moment où son ancien «conseiller», à la veille de la présidentielle dernière, s'est réconcilié avec son successeur à la tête du pays.

L'ancien président, Me Abdoulaye Wade, qui a rencontré Ousmane Sonko en pleine campagne présidentielle de 2019, pour discuter de la situation politique du pays et, éventuellement, prodiguer des conseils contre le candidat Macky Sall, fume présentement le calumet de la paix avec l'actuel chef de l'Etat.

Lui qui voyait en Me Abdoulaye Wade un «conseiller» et un «soutien», même si le "Pape du Sopi" avait déjoué les pronostics quelques heures avant le scrutin en optant pour la «neutralité», devra batailler seul dans cette affaire probablement sans le soutien de celuici, désormais décidé à dialoguer avec le régime actuel sur le processus électoral, le statut de l'opposition et de son chef, sans oublier de lui fournir des conseils sur la gestion des ressources naturelles du pays.

IDY ET KHALIFA S'OCCUPENT DE LEUR ALLIANCE, «BISBILLES» AVEC UNE PARTIE DE L'OPPOSITION

Autre fait marquant à l'entame de cette affaire politico-judiciaire, la rencontre entre les alliés de la présidentielle dernière dans "Idy 2019", à savoir le patron de Rewmi, Idrissa Seck, et l'ancien maire de la ville de Dakar, Khalifa Sall, fraichement gracié par le président Macky Sall.

Beaucoup d'observateurs de la sphère politique se sont étonnés du silence «assourdissant» du candidat malheureux sorti deuxième à la présidentielle dernière sur cette affaire de 94 milliards.

Mais, il faut reconnaitre que même si les membres du Congrès de la renaissance démocratique (Crd), composé de Thierno Alassane Sall, Abdoul Mbaye, Mamadou Lamine Diallo et consorts, réaffirment leur soutien au leader «antisystème», il n'en demeure pas moins que la scission entre Ousmane Sonko et certains leaders de l'opposition n'est plus à démontrer.

Le fossé s'est, en fait, creusé davantage quand le député Sonko s'en est pris ouvertement aux responsables politiques de l'opposition qui avaient accepté de prendre part au lancement du dialogue national par le président Macky Sall, le 28 mai dernier, au Palais.

Pis, la situation s'est détériorée au sein de la plateforme "Aar Linu bokk", au sein de laquelle certaines indiscrétions soutiennent que le retrait de certains leaders et militants de l'opposition de ladite plateforme se justifierait par une centralisation du combat autour d'Ousmane Sonko.

Ces derniers, ne voulant pas donner l'impression de travailler pour le compte du député Sonko, se sont purement et simplement mis à l'écart des rassemblements de "Aar Linu Bokk". D'où les faibles mobilisations qu'enregistre ledit mouvement.

Par conséquent, au vu de tous ces éléments, le leader de Pastef les Patriotes, Ousmane Sonko parait être dans de beaux draps.

Le rouleau compresseur contre sa personne vient d'être lancé dans un contexte où il semble être isolé de ses «camarades» de l'opposition, même si ceux du Crd affirment le contraire.

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