Cote d'Ivoire: José Gijon - "Les prévisions de croissance économique sont très robustes"

15 Octobre 2019
interview

Représentant résident du Fonds monétaire international en Côte d'Ivoire

Quels sont les grands enjeux des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fmi prévues à Washington DC du 15 au 20 octobre ? Et à quoi faut-il s'attendre ?

Les réunions annuelles sont une occasion pour les autorités des pays d'avoir un contact direct avec les dirigeants de la Banque mondiale et du Fmi.

Il s'agira non seulement de peaufiner les discussions entamées, mais aussi d'échanger avec les Etats membres sur les questions économiques importantes.

Les échanges porteront, entre autres, sur le ralentissement de la croissance au niveau international ; l'impact des changements climatiques ; les objectifs de développement ; la croissance régionale ; la situation économique des pays émergents.

En ce qui les concerne, les autorités ivoiriennes auront des rencontres avec les décideurs du Fmi. La revue du programme soutenu par le Fonds ayant pris fin, les deux parties discuteront certainement de l'agenda d'assistance technique de la Côte d'Ivoire.

Le Fmi a, en effet, accompagné la Côte d'Ivoire dans divers domaines, surtout les finances publiques. Le pays a développé de grands projets comme la digitalisation des directions générales des impôts et de la douane, entre autres.

Et quelles pourraient être les retombées de ces assises pour un pays comme la Côte d'Ivoire ?

Les Assemblées annuelles des institutions de Bretton Woods sont une occasion pour la Côte d'Ivoire de rencontrer les investisseurs. Ce sera également une opportunité pour le gouvernement ivoirien d'échanger avec les autorités européennes, américaines et d'autres pays émergents.

En marge de ces assemblées, seront organisées les réunions des gouverneurs auxquelles prendront part les représentants des pays africains pour discuter des questions économiques importantes.

Selon les experts du Fmi, quels sont les aspects de la politique économique du pays qui doivent être améliorés ?

L'aspect le plus important pour nous, c'est que ce pays a et continue d'avoir des ambitions émergentes.

Cependant, il doit avoir des revenus émergents en mobilisant davantage de recettes. Nous insistons sur cet aspect. En d'autres termes, il faut que la Côte d'Ivoire mobilise plus de recettes en élargissant l'assiette fiscale, c'est la clé.

Il faut aussi être moins généreux dans les exonérations et développer de nouveaux impôts qui vont progressivement avoir un impact positif sur les revenus fiscaux, donc sur le budget. C'est dire que des efforts plus importants doivent encore être faits.

Les autorités ont fait preuve d'innovation afin de mobiliser davantage de recettes. En 2018, elles ont lancé le programme e-impôt. Résultat, les sociétés ont pu augmenter leurs recettes. En plus, 80% de leurs impôts sont payés en ligne ; ce qui est plus simple et facile à contrôler.

Mais des efforts doivent être faits car selon les critères du Fmi, pour qu'un pays puisse financer sa politique émergente, le niveau de pression fiscale doit être de 20%, alors que la Côte d'Ivoire n'est qu'aux alentours de 16%. Les autorités doivent faire des efforts additionnels dans ce sens.

L'une des recommandations de la Banque mondiale aux autorités ivoiriennes, c'est que la croissance économique doit être plus inclusive, avec une meilleure redistribution des richesses. Qu'en pensez-vous ?

La Côte d'Ivoire vient de très loin. Le pays a connu près de 20 années de crise qui ont eu un impact négatif sur l'éducation, la santé, les infrastructures, les réseaux routier et électrique.

Depuis 2012, le gouvernement a mis en place un plan de développement qui a favorisé le développement des infrastructures, la construction de routes. Maintenant, nous constatons un fort investissement dans le social, d'où la mise en œuvre du Ps-Gouv.

C'est un investissement très important pour améliorer les conditions de vie des populations et contribuer à la réduction de la pauvreté.

Le programme triennal a permis de plus que doubler les dépenses pro-pauvres du gouvernement. Preuve que l'Etat est engagé dans une politique d'amélioration des conditions de vie des populations.

Pour le Fmi, à quoi doit-on s'attendre en termes de perspectives pour l'économie ivoirienne ?

Malgré le fléchissement du contexte international, les prévisions de croissance économique sont très robustes, semblables à celles de l'année dernière.

Plusieurs raisons pourraient l'expliquer : le dynamisme des investissements tant publics que privés, les efforts de diversification des exportations qui portent leurs fruits.

La Côte d'Ivoire, ce n'est plus seulement le cacao et le café, c'est aussi l'or, l'hévéa, la noix de cajou. Son dynamisme économique fait d'elle le hub de la sous-région.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Cote d'Ivoire

Plus de: Fratmat.info

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.