Cameroun: Pharmacopée traditionnelle - Sortir le phytomédicament du bois

Objectif de l'animation scientifique organisée par le Minresi en faveur des chercheurs du domaine jeudi à Douala.

Aucun médicament ne devrait être consommé par un sujet humain sans des vérifications préalables. L'avertissement est du Dr Lucien Etamè Sonè, chef du centre régional du ministère de la Recherche scientifique et de l'Innovation (Minresi) dans le Littoral. C'était le 10 octobre 2019, lors d'une animation scientifique sur le thème : « Médicaments traditionnels améliorés ». Un séminaire de renforcement des capacités qui part d'un constat, comme l'a expliqué par le Dr Etamè Sonè : « Les chercheurs indépendants du domaine de la pharmacopée traditionnelle élaborent des phytomédicaments qui ont quelques limites.

Dans nos missions d'accompagnement de ces chercheurs, quand ils viennent vous présenter un produit et vous leur posez certaines questions, par exemple sur le test de toxicité du produit, l'évaluation de certaines propriétés, etc., tout de suite, ils sont bloqués, mais ils veulent vous convaincre que ce produit est très bon. Pourtant, il y a des règles incontournables, surtout les règles d'éthique qu'il faut respecter dans la fabrication d'un médicament consommable par la population ». L'objectif de la rencontre est rappelé par le Dr Gisèle Etamè Loè, chef du département des Sciences pharmaceutiques à la faculté de Médecine et des Sciences pharmaceutiques (Fmsp) de l'université de Douala : « Il est question de former des tradipraticiens aux standards des bonnes pratiques de fabrication du médicament parce que tous les Camerounais, de par l'accessibilité, le coût, l'efficacité, se soignent avec des plantes médicinales.

De plus, il faut rappeler que 70% des médicaments sont d'origine végétale. Donc on a un patrimoine à développer et nous pourrons contribuer au maximum dans la recherche de nouveaux médicaments ». Ces bonnes pratiques, énumérées par le Dr Alembert Tchinda, directeur de recherches à l'Institut de recherches médicales et d'études des plantes médicinales (Impm), concernent notamment les aspects récolte, fabrication, dosage, limite de toxicité, conservation, présentation pharmaceutique, etc.

Il est donc question d'amener les tradipraticiens vers la fabrication d'un médicament traditionnel amélioré suivant un processus allant des études précliniques à la production industrielle ou semi-industrielle, en passant par des essais cliniques ou encore l'autorisation de mise sur le marché (Amm). Une procédure qui, si elle est suivie, présente des avantages pour le tradipraticien, dont la reconnaissance nationale et internationale l'accroissement des revenus, etc.

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