Congo-Kinshasa: En marge de la journée internationale de la canne blanche - Les aveugles plaident pour leur insertion socio-économique

"Nous avons perdu la vue et non la vie". Tel est le message des aveugles congolais adressé aux autorités congolaises en marge de la journée internationale de la canne blanche célébrée le 15 octobre de chaque année. Pour ce faire, une marche des aveugles et malvoyants a été organisée sur le Boulevard du 30 juin, à Kinshasa, de la place de la Grande Poste jusqu'à la place de la gare centrale, avec l'appui du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l'Homme (BCNDH).

A cette occasion, la Ministre en charge des personnes vivant avec Handicap et autres vulnérables, Irène Esambo, a, au cours de son mot de circonstance, souligné qu'elle conjuguera tous ses efforts pour améliorer les conditions de vie de cette catégorie de personnes, ayant une déficience visuelle.

Aussi, elle s'est engagée de faire tout son mieux pour éradiquer la mendicité des aveugles et malvoyants tant décriée sur les artères des différentes villes de la République démocratique du Congo.

En effet, l'édition 2019 de la journée internationale de la canne blanche a été célébré sous le thème : "Accessibilité à l'emploi et la revalorisation de la dignité humaine".

Dans son adresse, Irène Esambo a indiqué que la canne blanche utilisée par les personnes malvoyantes est un moyen de déplacement dans leurs milieux de vie mais aussi, comme moyen d'éviter les obstacles de parcours.

«Cette journée est célébrée afin de mobiliser la communauté nationale à reconnaître le problème lié à la cécité et à prendre conscience des personnes aveugles et malvoyantes. Elle est également une occasion de sensibiliser le monde sur l'importance de la sécurité des malvoyants et sur l'utilisation de l'écriture Bray pour la promotion des droits des personnes malvoyantes», a-t-elle précisé.

Irène Esambo a remercié le chef de l'Etat, Félix Antoine Tshisekedi, pour sa vision d'une société inclusive intégrant la donne des personnes handicapées et vulnérables dans le programme de l'Etat.

Elle estime qu'il ne faut pas considérer les malvoyants comme une catastrophe, ce n'est que la perte ou la diminution de la vue.

D'où, elle a plaidé pour un accompagnement adéquat et un soutien de tous les congolais afin de faciliter l'intégration des aveugles et malvoyants dans la société congolaise.

"Aujourd'hui, nous avons marché sur le Boulevard pour que les regards soient tournés vers nous, vers notre handicap et vers les dangers que nous bravons tous les jours pour notre survie", a précisé M. Jean-Bosco Balema Bayaka, Président de la maison des aveugles.

Dans ce cadre, la Maison des Aveugles a initié un document stratégique et global portant insertion socio-économique des aveugles du Congo. Un exemplaire de ce document a été officiellement remis à la Ministre Délégué aux affaires sociales en charge des Personnes vivant avec handicap et autres vulnérables et au BCNDH.

S'agissant du thème retenu en 2019, la Maison des Aveugles souligne que le travail assure l'indépendance et valorise la personne humaine. Comme pour dire que l'insertion socio-économique revalorise la dignité de la personne handicapée, en général, et à la personne aveugle, en particulier. Car, il existe parmi les aveugles, des diplômés d'université, juristes, économistes, psychologues, enseignants etc. qui peuvent être embauchés dans postes de travail.

Pour preuve, la Maison des Aveugles organise une semaine vitrine d'exposition, de vente pour éveiller l'attention des autorités RD. Congolaises, les organismes techniques et financiers, les familles des aveugles et population congolaise sur le professionnalisme des œuvres et produits fabriqués par les aveugles.

Cette activité avait été sanctionnée par la remise des cannes blanches par la Ministre Irène Esambo.

Historique

La canne blanche est le symbole de la cécité et de la malvoyance. Elle permet aux personnes aveugles et malvoyantes de se déplacer en rue, prévenant ainsi automobiles et piétons de leur handicap.

Il s'agit d'une invention récente de 1930 qu'une jeune Parisienne, Guilly d'Herbemont, en a eu l'idée. Elle constata que sur la rue, le public, tant piétons qu'automobilistes, ne faisait pas attention aux aveugles. S'inspirant du bâton blanc des agents de police, elle parvint à convaincre la Préfecture de police de Paris d'autoriser l'usage de la canne blanche pour les aveugles et les malvoyants. Cette initiative audacieuse et novatrice fut bientôt connue et suivie, tant en France que dans le monde entier.

En effet, il existe différentes sortes de cannes blanches ainsi que des cannes jaunes. Leurs critères d'attribution sont extrêmement stricts.

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