Maroc: "Al Moutmir", une plateforme marocaine pour renforcer la résilience de la femme rurale

 Le groupe marocain OCP, spécialisé dans les phosphates a mis en place une plateforme d'échanges visant à accompagner et renforcer la résilience de la femme rurale, à travers des modèles de développement de filières agricoles, a-t-on appris de Fatiha Charradi, sa vice-présidente chargée du développement agricole et du marché.

Dénommée "Al Moutmir", cette plateforme d'échanges a été initiée de concert avec "les différents acteurs engagés dans le développement des filières agricoles, pour renforcer la résilience de la femme et de la fille rurale", a expliqué Mme Charradi.

Elle intervenait mardi à Ben Guérir, à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale de la femme rurale sur le thème "Femmes et filles rurales : partenaires incontournables pour construire le modèle de développement agricole d'aujourd'hui et de demain".

La plateforme "Al Moutmir" se veut "un lieu privilégié et ouvert, pour partager, échanger, construire et proposer ensemble, des traits de modèles innovants adaptés et à fort impact à même d'être portés par les différents acteurs au profit de toute la chaine de valeur et particulièrement des agricultrices" principalement "les petits exploitants", a indiqué Fatiha Charradi.

Il s'agit de miser sur le capital humain "comme réel agent de changement pour induire la transformation du secteur" agricole, a-t-elle dit, avant de faire observer que "la femme rurale est un potentiel non exploité".

D'où l'ambition de cette initiative d'accompagner les femmes actives dans le monde rural "vers une posture de changement, en valorisant leurs activés, en renforçant leurs capacités techniques agricoles, entrepreneuriales aussi bien individuelles que collectives".

Mme Charradi a d'autre part relevé la persistance des inégalités dans le monde rural. "La ruralité a été perçue à tort comme un monde exclusivement masculin.

Cela rend les inégalités plus criantes pour les femmes rurales qui doivent faire face à leur position de femmes mais aussi composer avec leur manque de visibilité et de reconnaissance", a souligné la vice-présidente du groupe OCP.

Les femmes rurales représentent selon elle la grande majorité des travailleuses dans le milieu agricole mais malgré tout, "leurs droits les plus élémentaires sont souvent non garantis".

Elle cite le droit à la rémunération, l'accès à l'information, au financement, l'absence d'accompagnement, etc.

"Ce sont toutes ces fractures qu'il nous incombe de réduire et combattre pour redonner à la femme rurale, la place qui lui revient de droit et qu'elle a largement méritée", a plaidé Fatiha Charradi.

Mme Charradi annonce que cette initiative fera l'objet d'un partage avec d'autres pays, même si la phase pilote est mise en œuvre au Maroc.

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