Ile Maurice: Six morts à Rose-Belle - La grand-mère des frères Sabine témoigne

Elle a le visage marqué par les événements. Il faut dire que les dernières 48 heures n'ont pas été faciles pour elle et sa famille.

Malgré toute la souffrance, Brigitte Sabine garde en mémoire tous les instants mémorables passés en compagnie de ses deux petits-enfants, Ezéchiel Sabine (17 ans) et Ismael Sabine (15 ans). Son autre petit-fils, Eli- sée Dorkiska, est le seul rescapé du terrible accident de la route qui a coûté la vie à six personnes, samedi soir, à Rose-Belle.

À Résidence Bethléem, le temps semble s'être suspendu depuis ce samedi soir fatidique. Néanmoins, les gens continuent à rendre visite aux familles endeuillées. Brigitte Sabine jette un coup d'œil furtif vers la porte. «À cette heure, Ismaël avait l'habitude de rentrer du collège. Dès qu'il franchissait cette porte, il apportait avec lui une joie de vivre. Son frère était aussi un boute-en-train. Ils me manquent déjà... »

Pour cette grand-mère, rien ne sera plus comme avant. D'autant plus que jusqu'à l'heure, personne ne sait ce qui s'est réellement passé. «Samedi, mon fils Daniel pensait que ses fils se trouvaient chez sa sœur. Et celle-ci pensait que son fils Elisée s'était rendu chez son frère.» Quand ils ont appris la nouvelle, ils ont été secoués. «Nous ne savions pas la gravité de cet accident. On nous a juste présenté des cadavres... »

Des souvenirs, Brigitte Sabine en a des tonnes en compagnie de ses deux petits-enfants décédés. Elle raconte qu'Ismaël était un bon élève au collège. «Il était en Forme IV au collège Emmanuel-Anquetil et devait composer aujourd'hui (NdlR : hier). Ses professeurs sont même passés nous voir pour nous dire comment il était concentré.» Par contre, Ezéchiel Sabine a fini l'école et voulait suivre des cours de coiffure. «Son papa al- lait l'inscrire dans quelque temps. En attendant, il était aux côtés de sa maman.» Toutefois, la grand-mère ne sait pas dans quel domaine son ex-belle-fille exerce.

Pour elle, les deux frères se ressemblaient comme des jumeaux. «Le plus jeune copiait son aîné. Si l'un changeait de coupe de cheveux, l'autre revenait avec la même coupe, quelques heures après. Les deux s'entendaient à merveille. Ils avaient toujours le mot pour vous faire rire.» Brigitte Sabine cependant les décrit comme des jeunes plutôt casaniers. «Ils passaient le plus clair de leur temps sur leur laptop à regarder des films ou à écouter de la musique. Leur cousin, Elisée, venait aussi les rejoindre chez moi. De toute manière, ils avaient tous du respect pour moi. Main- tenant, ma joie-de-vivre s'en est allée.»

Elle se demande comment combler le vide laissé par eux. «On demande à Dieu de nous aider. De toute façon, c'est lui que décide tout.» Brigitte Sabine confie qu'elle s'est rendue au chevet d'Elisée Dorkiska, hier matin. «Il a demandé comment vont ses cousins. Pourtant la veille, il a appris qu'ils étaient morts.» Toutefois, le jeune homme commence à réaliser où il se trouve. «Il ne pourra composer les examens de Lower VI car il ne peut ni s'asseoir, ni utiliser ses bras pour le moment. On le nourrit grâce à une paille. Mais le plus important, c'est qu'il est vivant.»

En tout cas, le départ subit de ses deux petits-enfants laissera planer un vide, qui espère-t-elle, seul le temps pourra combler.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: L'Express

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.