Afrique: Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique - Amadou Ba balise déjà la voie

16 Octobre 2019

Les 18 et 19 novembre prochains, Dakar va abriter le 6ème forum international sur la paix et la sécurité en Afrique dont le thème porte sur «les défis actuels du multilatéralisme».

En perspective de cet événement, le département des Affaires étrangères du Sénégal, dirigé par le ministre Amadou Bâ a convié, des experts (Généraux, Magistrat, Professeur d'histoire), des membres de la société civile mais aussi les médias nationaux et de la sous-région afin de baliser la voie. La rencontre a eu lieu hier, mardi 15 octobre, au Terrou Bi.

Sur un ton de l'ironie, un chef d'un groupe d'anciens rebelles du nordest du Mali, a récemment déclaré que «les terroristes ont aussi leur G5-Sahel». L'allusion est faite à Ansar Dine, Front du Macina, al-Mourabitoune, AQMI, Ansarul Islam, État islamique dans le Grand Sahara.

Au Sénégal, le ministre des affaires étrangères, voit en plus grand, l'espace que les terroristes essaient de conquérir pour davantage contrôler les états devenus de plus en plus fragiles à cause de l'absence de moyens et de la porosité des frontières etc. «Ils ont leur CEDEAO et si on n'y prend garde, ils auront bientôt leur UA», a averti Amadou Bâ.

En perspective du 6ème forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique prévu les 18 et 19 novembre prochains, avec comme thème : «paix et sécurité en Afrique : les défis actuels du multilatéralisme», le chef de la diplomatie sénégalaise, a invité hier, mardi 15 octobre, des experts afin, dit-il, de «percer les mystères des défis de sécurité auxquels, l'Afrique est confrontée».

A tour de rôle, les Généraux Abdoulaye Tall (dans le rôle de modérateur), Babacar Gaye, le magistrat Cheikh Bamba Niang et l'historien, Abdarahmane Ngaïdé ont passé au peigne les différents aspects du terrorisme, son mode de financement et ont fait des recommandations pour arrêter sa propension.

A cet effet, M. Niang a fait la genèse du dernier changement intervenu dans le monde notamment avec la chute du mur du Berlin en 1990.

Le magistrat mettra par la suite l'accent sur la porosité des frontières africaines et de ce qu'il a appelé la «recomposition de l'hydre du terrorisme», qui, à son avis «a explosé» avec Boko Haram au Nigeria et les autres branches qui se sont installées au Mali, au Niger, au Burkina Faso et en Côte d'Ivoire.

Sur le mode de financement du terrorisme, il a cité les transferts d'argent notamment le système opaque et parallèle dénommé «hawala».

Quant au Général Babacar Gaye, il a soutenu que «nous allons vers une sorte de privatisation des renseignements».

Ce qui selon lui, «constitue un danger auquel il faut réfléchir». Et d'ajouter : «la sécurité commence par la maitrise des frontières», avant de s'interroger sur la capacité aux Collectivités locales de prendre en charge la sécurité de leurs populations.

Une question qui occupe les débats aujourd'hui en France. Par ailleurs, le Général Gaye a déclaré que les «Nations unies ont atteint les limites de leur capacité».

Par conséquent, «à côté des forces de maintien de la paix (casques bleus), il faudra disposer des forces anti-terrorisme, comme c'est le cas avec l'Opération Barkane au Mali», suggère-t-il.

Dans son intervention, l'historien, Abdarahmane Ngaïdé a demandé la mutualisation des forces pour faire face aux terroristes. Il n'a d'ailleurs pas manqué de donner les exemples d'Ousmane Danfodio, d'El Hadji Omar Tall mais aussi les renseignements d'Alboury Ndiaye sur l'avancée coloniale.

Enfin, il est revenu la lourde tache, au Général Tall de faire la synthèse des différentes interventions. Il retiendra la complexité des menaces dans le Sahel, les Grands Lacs, etc. ;

la multiplicité des acteurs et la nécessité d'une coopération internationale. A noter qu'environ 500 personnes sont attendues au sommet de Dakar.

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