Sénégal: Affaire des 94 milliards - Dépôt croisé de deux plaintes auprès du procureur de la république

16 Octobre 2019

La plainte longtemps promise par les avocats de l'ancien Directeur des domaines, Mamour Diallo, contre le leader de Pastef/Les patriotes, Ousmane Sonko dans l'affaire des 94 milliards, a été finalement déposée hier, mardi 15 octobre.

Dans ladite plainte adressée au Procureur de la République, les conseils de Mamour Diallo visent les délits de diffamation et d'injures publiques prévus et réprimés par l'article 258 du Code pénal.

De l'autre côté, un collectif citoyen a attrait à la barre Mamour Diallo et Tahirou Sarr sur la base des articles 130, 152 et 153 du Code pénal.

Des plaintes croisées déposées hier, non sans quelques accrochages entre Me Elhadji Diouf, avocat de Mamour Diallo, et des membres dudit collectif citoyen.

Après le rapport de la Commission d'enquête parlementaire, c'est parti pour une autre étape dans l'affaire des 94 milliards, mettant aux prises l'ancien Directeur des domaines, Mamour Diallo, et le député Ousmane Sonko.

Le sieur Mamour Diallo a finalement porté l'affaire devant les juridictions du pays contre l'accusateur, non moins leader du parti Pastef/Les patriotes.

Dans la plainte déposée au niveau du Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Dakar, les conseils de Mamour Diallo visent les délits de diffamation et d'injures publiques prévus et réprimés par l'article 258 du Code pénal.

En effet, citant quelques extraits des propos tenus par Ousmane Sonko en public au cours de meetings et conférences de presse, à savoir que le sieur Mamour Diallo «a commis des faux dans un acte d'acquiescement dans le but de soustraire 94 milliards des derniers publics», ou encore que «Mamour Diallo est un voleur, un escroc», les conseils du responsable apériste et ancien Directeur des domaines ont estimé que ce dernier a été atteint dans sa dignité, sa réputation, son honorabilité et son intégrité morale.

Pis, ils estiment que Sonko a agi dans le but de «mettre au néant la carrière politique» de Mamour Diallo en le présentant aux yeux du public comme «un escroc patenté et un voleur de haut vol ayant soustrait frauduleusement l'argent public, en l'occurrence la somme de 94 milliards».

Convaincus qu'ils sont de la volonté manifeste du député Sonko de nuire, ils ont indiqué que les faits sont indiscutablement constitutifs du délit de diffamation publique prévu et réprimé par les articles 248, 258, 261, 270, 271, 272 et suivants du Code pénal.

Enfonçant le clou, ils trouvent que les expressions outrageantes «voleur, escroc, corrompu, faussaire» revêtent un caractère injurieux et constituent des injures publiques en ce que le public a ressenti les termes comme outrageants.

Pour autant d'éléments, les avocats de Mamour Diallo ont requis la poursuite de l'accusateur pour les délits susmentionnés tout en sollicitant la diligence d'une «enquête rigoureuse» pour que justice soit faite.

MAMOUR DIALLO ET TAHIROU SARR VISES PAR UNE PLAINTE CITOYENNE

A noter cependant que les conseils de Mamour Diallo n'étaient pas les seuls au tribunal hier, mardi 15 octobre. Le collectif citoyen organisé autour du mouvement Frapp France dégage a aussi tenu sa promesse de déposer sa plainte au niveau du tribunal de Dakar, avant les conseils de Mamour Diallo.

Après avoir procédé au dépôt de ladite plainte, le porteparole du jour, Alioune Badara Mboup, a fait savoir que la commission d'enquête parlementaire est allée au-delà de ses prérogatives, dans la mesure où elle ne pouvait ni condamner ni absoudre quelqu'un, à part demander à auditionner des personnes.

Lui et ses camarades accusent l'Assemblée d'être «partisane». Les membres de ce dit mouvement s'en sont pris aussi au procureur de la République qui, à leur avis, n'a pas joué pleinement son rôle dans l'affaire des 94 milliards.

Poursuivant sur la base du rapport produit par l'Assemblée nationale, Alioune Badara Mboup dénonce le fait que Tahirou Sarr puisse gagner à lui seul sur ledit dossier, en tant qu'intermédiaire, plus de 91 milliards, au moment où la famille n'y touchera que 2,5 milliards.

Pour autant de faits, il informe de la plainte déposée au niveau du tribunal, vise ainsi Mamour Diallo et Tahirou Sarr.

Il cite ainsi l'article 130 du Code de procédure pénale sur le délit de faux en écriture publique, l'article 152 du Code pénal sur le délit de détournement de deniers publics et enfin le délit puni par l'article 153, à savoir celui d'escroquerie portant sur des deniers publics.

Le mouvement citoyen promet de déposer d'autres plaintes contre d'autres responsables pour dénoncer la mal gouvernance dans ce pays.

HUE PAR DES MEMBRES DU COLLECTIF CITOYEN : Me El Hadj Diouf parle de tentative de sabotage

Arrivé au tribunal, après le dépôt de la plainte du mouvement citoyen dans l'affaire des 94 milliards, l'avocat de Mamour Diallo, en l'occurrence Me El Hadj Diouf, a essuyé des huées.

En effet, sorti pour confirmer à la presse que la plainte sera effectivement déposée, Me Diouf a été conspué par les membres de ce dit collectif qui scandaient des slogans hostiles comme «Me Diouf, violeur».

Le tonitruant avocat politique voit par ces agissements une tentative de sabotage de la part des partisans d'Ousmane Sonko qui, à son avis, «avaient soutenu mordicus que Mamour Diallo ne déposerait jamais une plainte contre eux».

Il estime ainsi que «c'est une honte pour eux», un «manque d'arguments» non sans promettre de demander «l'emprisonnement de Ousmane Sonko», qu'il traite de «menteur».

Toujours d'attaque contre le leader de Pastef/Les Patriotes, Me El Hadj Diouf dira que Sonko est «un homme qui se présente comme un messie, comme un redresseur de torts, alors que lui-même est un voleur, qui cherche 11 milliards dans cette affaire de 94 milliards, qui cherche le pétrole avec Tuloy Oil, qui se bat pour la résiliation des contrats pétroliers parce que c'est un mercenaire de Tulloy Oil pour confier le pétrole à ceux-là qui ont financé sa campagne électorale».

Ne s'en limitant pas là, il avancera que la deuxième plainte déposée par Ousmane Sonko dans le bureau du Doyen des juges n'est qu'une «plainte farce»

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