Maroc: Le rappeur marocain La Fouine répond à Christophe Castaner

Le ministre de l'Intérieur français Christophe Castaner a récemment listé plusieurs signaux pouvant indiquer une radicalisation religieuse. Ses propos ont choqué et suscité de nombreux tweets.

Quelques jours après l'attaque de la préfecture de police de Paris, et tandis que l'enquête se poursuivait pour tenter de comprendre le parcours et les motivations de Mickaël Harpon, le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner a fait part de sa volonté que chaque signe de radicalisation religieuse fasse désormais l'objet d'un signalement automatique. «Une pratique religieuse rigoriste, particulièrement exacerbée en matière de Ramadan, c'est un signe qui doit permettre de déclencher une alerte sur ses sujets», a-t-il estimé, avant de lister les différents éléments pouvant montrer une radicalisation religieuse: «Un changement de comportement dans l'entourage, le port de la barbe, qu'il fasse la bise ou qu'il ne la fasse plus (...) Est-ce que l'individu accepte de faire équipe avec une femme ou pas ? Est-ce qu'il a une pratique régulière ou ostentatoire de la prière rituelle?».

Ces propos ont choqué et suscité de nombreux tweets via le hashtag Twitter #SignaleUnMusulman. Le célèbre rappeur maroco-français, La Fouine, a également pris position et a répondu aux propos de Castaner dans une publication Instagram. «Monsieur Castaner, les gens que vous décrivez de «radicalisés» car ils portent une barbe, font la prière cinq fois par jour, jeûne pendant le mois de Ramadan, sont des gens qui font avancer notre société tous les jours», écrit l'artiste. «Ce sont des chefs d'entreprise. Des pères et mères de famille remarquables.

Des gens qui se mobilisent pour défendre de belles causes. Qui participent activement au développement économique de notre pays», explique-t-il. Et d'ajouter: «Vous savez ce que je pense Monsieur Castaner ? Premièrement je pense que c'est vous qui êtes «radicalisé» car vous êtes prisonnier de vos pauvres idées. Deuxièmement, je pense que vous avez perdu la vue: Car moi avec ou sans voile j'arrive encore à voir la beauté de notre diversité. La France, je l'aime sous toutes ses formes et toutes ses couleurs».

De son vrai nom Laouni Mouhid, La Fouine a grandi en banlieue parisienne, dans les Yvelines. A 15 ans, il a été expulsé de l'école, il a alors dû arrêter ses études et se consacrer au rap. «Quand je me retrouvais en classe, j'avais un sentiment de peine, donc je n'y allais pratiquement jamais, je restais au quartier avec les potes», explique celui qui doit son surnom «La Fouine» à ces mêmes amis du quartier. De son enfance, il garde de très bons souvenirs de sa famille, qui lui manque aujourd'hui: «Il y avait mes six frères et sœurs, ma mère, mon père réunis autour d'un bon couscous, tajine et puis on mangeait... Tous ces délires de jeunesse, de cadre familial qui me manquent énormément aujourd'hui», dit-il.

Il a, par ailleurs, été marqué par une adolescence difficile, puisqu'il a connu les prisons et les foyers trop jeune. Le rappeur s'est tout de même raisonné lors de sa sortie de prison à 21 ans grâce à la naissance de sa fille. Son premier album est sorti en 2005 et depuis l'artiste ne fait qu'enchaîner les succès. Aujourd'hui, il a son propre label "Banlieue sale" mais aussi sa propre marque de vêtements "Street Swagg".

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Libération

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.