Cameroun: Sangmelima - La vie a repris son cours

Les messages d'apaisement de l'autorité administrative et des élites semblent avoir été entendus et suivis depuis lundi, 14 octobre 2019.

Le « Secteur bouillon », lieu de restauration, de rencontre et de brassage, situé derrière la Place des fêtes, a retrouvé son brouhaha habituel. Ici, en cette mi-journée d'hier mardi, agents de l'Etat et moto-taximen, transporteurs et vendeurs ambulants, employés de banque et éléments des forces de l'ordre... se sont imposé une pause. Tout en prenant leur repas, principalement constitué de viande de brousse et de poisson d'eau douce, tout ce beau monde devise, rit aux éclats, une bière fraîche à portée de main.

L'ambiance, dans cette partie si particulière de la ville, semble identique partout. Les quartiers, les marchés, les rues, les ateliers, les chantiers, les campus scolaires et les espaces champêtres ont retrouvé leur cours normal. Et, bien entendu, un sujet tient la vedette de toutes les conversations : les événements chauds qui ont secoué la ville les 9 et 10 octobre derniers. A chaque fois, on refait l'histoire, on identifie les causes lointaines et immédiates, et on redessine les contours d'un avenir que tous s'accordent à souhaiter radieux, prospère.

Pendant ce temps, en plein coeur du quartier administratif, le sous-préfet, Saïdouna Ali, tient une réunion du comité ad hoc dans ses bureaux. Objectif : faire une évaluation exacte et exhaustive des pertes en biens matériels enregistrés dans certains commerces au cours des malheureux événements. La concertation se fait à huis clos. Des informations révèlent cependant que le climat au sein du comité est serein, la phase de recensement des commerçants ayant subi des pertes de leurs étals et boutiques est achevée. On y dénombre 92 cas. Un chiffre que viendra confirmer le sous-préfet. Les membres du comité s'attèlent à l'examen des différentes déclarations des commerçants victimes des exactions. La prochaine phase sera de faire une descente sur le terrain pour des vérifications d'usage et le bilan sera alors consigné dans un rapport qui sera transmis dans les tout prochains jours.

De son côté, le maire, André- Noël Essian, mène des actions d'apaisement auprès des jeunes. Ceux-ci, soutient-il, vont voir plusieurs opportunités d'emplois s'offrir à eux. Cellesci sont les mesures immédiates prises pour semer un espoir réel au sein d'une jeunesse qui a perdu des repères. « Le chef de l'Etat prête une oreille attentive aux besoins exprimés par la jeunesse du département du Dja-et-Lobo », affirme-t-il, ajoutant que Sangmelima est un espace urbain où les habitants font de cette cité le reflet d'un Cameroun, terre de brassage culturel.

C'est dans ce sens, conclut-il, que des mesures sauront être prises pour que « ce qui s'est produit à Sangmelima, la semaine dernière, ne soit plus jamais réédité ». Voilà pourquoi des rencontres seront organisées dans les prochains jours pour que les échanges, amorcés par la réunion baptisée « dialogue intercommunautaire », tenue par le gouverneur Félix Nguélé Nguélé, vendredi, 11 octobre 2019 en présence du ministre d'Etat, Pr. Jacques Fame Ndongo, et le rassemblement organisé par le ministre Louis Paul Motaze, le lendemain en sa résidence, soit cette eau qui saura éteindre la braise qui se trouve, certainement encore, sous la cendre laissée par les tristes événements

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