Congo-Kinshasa: Politique sociale - Félix Tshisekedi décidé à éradiquer la pauvreté et les inégalités

Le chef de l'État a déclaré, le 16 octobre à Kinshasa, à l'occasion du lancement du Programme présidentiel accéléré de lutte contre la pauvreté et les inégalités (PPA-LCPI), qu'il compte sortir environ vingt millions de Congolais vivant en milieu urbain et périurbain de la pauvreté dans les cinq prochaines années.

Sobre mais chargée de signification. Ainsi peut-on qualifier la cérémonie de ce mercredi sur les hauteurs de Mont Ngafula, dans la périphérie ouest de Kinshasa. La présence du chef de l'Etat et de plusieurs officiels au lancement du PPA-LCPI, sur le site Africa park aventure, symbolisait leur proximité avec les vrais détenteurs du pouvoir que sont les Congolais. D'ailleurs, les fréquentes apparitions publiques de Félix Tshisekedi dans ces coins perdus de Kinshasa, où il incarne l'espoir pour des lendemains meilleurs, se transforment souvent en liesse populaire. L'événement du jour à l'ex-Lac de Ma vallée n'a pas dérogé à la règle. La manifestation cadrait parfaitement avec ce qu'a toujours été sa préoccupation, à savoir l'amélioration tant soit peu des conditions de vie de ses concitoyens.

L'heure est venue de relever le niveau social des Congolais empêtrés, depuis des lustres, dans les méandres d'une pauvreté inouïe, à la limite démentielle. C'est fort de sa conviction à changer la donne sociale que Félix Tshisekedi a égrené, à l'occasion, son nouveau programme d'urgence axé sur la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Un programme à la fois audacieux et ambitieux qui, loin de se substituer à ceux existants, entend rétablir les équilibres rompus aux fins d'impulser une nouvelle dynamique dans la société congolaise où chacun aura sa chance.

Sortir vingt millions des Congolais de la précarité

Trois axes constituent la charpente de ce programme. Primo : l'amélioration de l'accès de la population aux services sociaux de base. Secundo : le développement des filières économiques locales rentables et durables. Tertio : le renforcement des compétences managériales des bénéficiaires du programme. Félix Tshisekedi veut mettre le prix qu'il faut pour gagner ce pari. Plus concrètement, comme il l'a laissé entendre dans son discours, le programme vise à ce que vingt millions des Congolais vivant en milieu rural et périurbain dans les cent quarante-cinq territoires dont regorge le pays puissent quitter la pauvreté ou l'extrême pauvreté dans les cinq prochaines années. Le Fonds social de la République et d'autres canaux financiers seront sollicités pour la matérialisation de ce projet salvateur censé bonifier la vie des Congolais d'en bas.

Accroître l'accès à l'habitat et à l'électricité à travers la promotion des microcentrales hydrauliques, à l'eau potable, à la santé, à la scolarité, etc., bref aux besoins sociaux de base, tels sont les grands défis qui attendent Félix Tshisekedi dans un Etat en déliquescence compté parmi les plus pauvres de la planète (70% de taux de pauvreté et 76% en termes d'insécurité alimentaire). A cela s'ajoute un revenu annuel par habitant de 410 dollars américains, selon les dernières statistiques de la Banque mondiale.

Combattre les antivaleurs

Pour combattre le paradoxe d'un pays extrêmement riche à la population très pauvre, le président de la République sait exactement par où commencer. « La lutte contre les antivaleurs, notamment la corruption, les détournements des deniers publics, la fraude fiscale, la contrebande, le tribalisme sera acharnée. Tous les moyens seront mis en œuvre pour que toutes les recettes de l'Etat soient canalisées vers le Trésor public. Ceci nous donnera les moyens nécessaires pour enrayer ces inégalités et instaurer ainsi la justice sociale pour nos concitoyens », a-t-il déclaré.

La République démocratique du Congo, avec les moyens qu'elle peut générer et avec l'appui des pays amis, est capable de surmonter l'épreuve de la pauvreté, quitte à mieux mobiliser ses recettes et mieux les sécuriser, se convainc le premier d'entre les Congolais. Des réformes sont donc attendues dans le sens de refonder l'Etat avec la justice comme épicentre de la mutation du pays vers la croissance. Félix Tshisekedi compte sur l'implication de tous les Congolais, au-delà des clivages politiques, pour gagner le challenge qu'il s'est fixé.

Qu'elle frappe une communauté globalement prospère ou pas, il est à noter que la pauvreté est un fléau qu'il faut combattre et éradiquer à tout prix, car elle menace les aspects les plus essentiels à la vie humaine : valeurs morales et dignité humaine. Plus de cinq décennies après son accession à la souveraineté nationale et internationale, le pays est toujours pauvre. Voilà pourquoi Félix Tshisekedi vient de sonner le tocsin de la révolte.

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