Congo-Brazzaville: Crise de confiance à la Cogelo - Le directeur général désavoué par son personnel

Nestor Thissambot-Makosso, après avoir passé neuf mois et quatre jours en prison à cause d'une affaire de détournement de fonds au sein de l'entreprise, a voulu se réinstaller à son poste, le 15 octobre à Brazzaville, en présence d'un huissier. Les agents, en désaccord avec cette décision, ont quitté les lieux.

A en croire les faits et déclarations de certains travailleurs, la mésentente serait liée au fait que, mardi à 8h, Nestor Thissambot-Makosso, accompagné d'un huissier de justice, Jean Claude Olombi, aurait tenté de se réinstaller dans son bureau par force, sans l'avis du conseil d'administration qui l'aurait suspendu pour détournement d'environ quatre milliards francs CFA. Alors qu'il venait d'être acquitté de sa condamnation par un arrêt rendu, le 15 décembre 2017, par la chambre administrative de la Cour suprême.

Ainsi, justifiant cette réhabilitation, son huissier a indiqué que la réinstallation de Nestor Thissambot-Makosso est faite en adéquation avec la loi, notamment en application du décret 2011-540 du 17 août 2011, portant nomination du directeur général de la Congolaise de gestion et de loterie (Cogelo), de la circulaire 0005/PM-CAB du Premier ministre, chef du gouvernement, à l'attention des membres du gouvernement, de la lettre de notification du procureur général près la cour suprême adressée au ministre des Finances et du budget en sa qualité de ministère de tutelle, en vue de l'exécution de l'arrêt de la chambre administrative de la Cour suprême afin que l'intéressé soit réhabilité à son poste.

« J'ai, Jean Claude Olombi, huissier de justice, commissaire-priseur, procédé à la réinstallation dans son bureau, du directeur général de la Congolaise de gestion et de loterie, Nestor Tchissambot-Makosso, suspendu par un conseil d'administration extraordinaire, illégalement constitué. Alors qu'au plan juridique, il n'avait ni titre ni qualité et ni droit de le faire tant au regard des statuts de la société, qu'au regard du décret 2002-369 du 30 novembre 2002 fixant les attributions et la composition des organes de gestion et des tutelles des entreprises et des établissements », souligne le procès-verbal de réinstallation signé par l'huissier de justice.

Déplorant de son côté le comportement affiché par ses travailleurs qu'il juge d'hypocrites, le directeur général a reconnu que cette affaire de détournement de fonds qui l'a conduit en prison ne date pas d'aujourd'hui. Elle est née, selon lui, d'une complicité organisée par certains cadres de la maison, insatisfaits de tout le travail qu'il a eu à fournir dès son arrivée. « A mon arrivée, nous travaillions ensemble sans remous ni agitations. Ce n'est qu'après les manigances de certains travailleurs que le climat au sein de notre société devient désagréable. Et j'ai été donc arrêté et incarcéré arbitrairement. Après mon emprisonnement, il y a eu un procès et le jugement a été rendu en ma faveur. J'ai été acquitté sans peine ni dépens. Ainsi, le procureur général qui a le pouvoir de mettre en exécution les lois et les actes de la Cour suprême a été saisi par mon avocat et mon huissier afin que je sois réhabilité. Ce qui a conduit le parquet à me réinstaller », a déclaré Nestor Thissambot-Makosso, avant d'exhorter tout le personnel à se ressaisir et à travailler ensemble pour ne pas freiner l'évolution normale de l'entreprise. « J'ai été reconduit par la loi », a-t-il conclu.

Par ailleurs, désavouant cette réinstallation qu'ils jugent voilée de vice de procédure et spécifiant le bien-fondé de leur insatisfaction, les travailleurs ont, de leur côté, précisé que l'ancien directeur général avait brillé par la mauvaise gestion qui a conduit le conseil d'administration à le révoquer et il a été incarcéré pour cette cause.

« Blanchi par la juridiction, Nestor Thissambot-Makosso est arrivé avec son huissier sans avertir son intérimaire qui a été nommé par le conseil d'administration et dont le mandat était encore en cours », ont évoqué certains travailleurs, tout en précisant que Nestor Thissambot-Makosso n'avait pas le droit d'agir ainsi. Ils ont ajouté que tous les directeurs centraux ont été nommés par le conseil d'administration et n'ont pas des ordres ni des instructions à recevoir de lui. « Voilà la raison pour laquelle, nous nous sommes rangés du côté de ces directeurs centraux pour lui fermer la voie. Parce qu'il revient pour nous déstabiliser », a déclaré l'un des anciens travailleurs qui a requis l'anonymat.

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