Cote d'Ivoire: Gnl Doumbia Lassina - "Il s'agit d'un exercice purement militaire"

17 Octobre 2019
interview

Comme annoncé, les exercices militaires ont eu lieu hier. Il s'agissait de contrôler l'aptitude opérationnelle de l'armée de l'air (tirs d'appui et de neutralisation, posé d'assaut) et sa capacité à opérer avec ou au profit des unités terrestres (couverture aérienne, héliportage, etc.).

Les moyens engagés sont deux MI 24, un hélicoptère MI 17, un avion de transport de troupe CASA et un avion anti IV. A l'issue de cet exercice, le général Doumbia Lassina, chef d'état-major des armées, en donne les motivations. Ci-dessous, l'intégralité de ses propos.

De quoi s'est-il agi véritablement aujourd'hui (ndlr, hier mercredi) ?

Il s'est agi pour nous aujourd'hui de vérifier certains savoir-faire dispensés à notre personnel. Ces exercices s'inscrivent dans un cadre bien planifié et dans un calendrier annuel. Il est important pour nous, au regard de notre contexte sous-régional, de bien préparer nos hommes, d'accroitre leur aptitude opérationnelle.

Une chose est d'acquérir les moyens, une autre est de savoir les utiliser, surtout dans le cadre d'une mutualisation. Après avoir contrôlé et constaté les aptitudes au niveau des armées, nous sommes au stade interarmées.

Nous avons eu un exercice à dominante marine avec le contrôle opérationnel de la marine nationale lors de l'exercice «Requin 2019 », au mois d'août, à Abidjan.

Aujourd'hui il s'agissait d'un exercice à dominante air des aéronefs nouvellement acquis, voir ce qu'il est possible de faire avec eux. De sorte que notre personnel s'habitue à leur utilisation.

Etes-vous satisfait de la capacité opérationnelle de vos hommes à l'issue de l'exercice?

Il est évident que depuis que nous avons commencé ce type d'exercice, il y a eu une amélioration.

Il y a une nette amélioration d'abord au niveau de l'enthousiasme et ensuite au niveau de la technicité. C'est pour cela que je tenais à les féliciter avant qu'ils ne retournent chez eux.

C'est clair, ce sont des exercices purement militaires qui ne sont pas faits pour intimider qui que ce soit ?

Nous n'exerçons pas les mêmes professions. Nous n'avons pas les mêmes calendriers. Nous, état-major général, ce qui nous intéresse aujourd'hui, c'est d'accroitre l'aptitude opérationnelle de nos hommes par rapport à tout ce qu'il y a comme menace.

Et surtout, pour ce qui se passe au nord de notre pays. Je pense que les Ivoiriens en sont suffisamment conscients et qu'ils souhaitent tous que leur armée, au cas où, soit capable de rétablir l'intégrité du territoire et de les protéger. C'est un exercice qui a été planifié depuis environ un an.

Nous n'étions pas à même de deviner que dans les 72 h une autre activité devrait se tenir dans la ville de Yamoussoukro. Dans tous les cas, il est 12h 30 à ma montre. Nous, nous avons fini notre exercice.

Nous plions nos bagages. Nous retournons dans nos casernes. Je ne sais pas si l'activité a lieu maintenant ou dans 72 h.

Dans tous les cas, je pense que l'exercice que nous venons de faire n'a en rien perturbé le déroulement normal de toutes les activités qui avaient été prévues dans la ville de Yamoussoukro. La preuve, nous sommes à une quinzaine de kilomètres de Yamoussoukro.

Je me demande si les populations qui sont actuellement dans la ville ont su qu'il y avait un exercice au niveau de l'aéroport de Yamoussoukro. Mais, il était de notre devoir de les en informer pour éviter de créer une certaine psychose.

 Cet exercice ne pouvait-il pas se faire en zone de forêt?

Non, parce que d'abord, il s'agissait dans le scénario de la reprise de force d'une infrastructure aéroportuaire pour l'acheminement des renforts et l'organisation d'une contre-offensive. Ensuite parce que désormais, au regard des menaces actuelles, les militaires sont de plus en plus astreints aux combats en zone urbaine, dans les agglomérations.

Il nous faut donc nous réadapter et les FACI ne disposent pas encore de complexe d'entraînement au combat en zone urbaine. Enfin, parce que c'est Yamoussoukro qui avait été choisie lors de la planification annuelle, après Bouaké, Odienné, la base navale de Locodjro à Abidjan.

Vous vous doutez bien qu'un tel exercice de contrôle d'aptitude opérationnelle ne peut se concevoir en moins d'un trimestre.

Et, pour tous ces cas, nous avons pris le soin, conformément à nos procédures, d'en informer les populations même si les mesures sont toujours prises pour que celles-ci ne soient pas perturbées dans leurs activités.

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