Burkina Faso: «Comment mettre un terme aux rackets policiers ?» - Les pistes de solutions explorées au cours d'un forum

17 Octobre 2019

Les rackets policiers dans les différentes villes et sur les axes routiers malgré moult interpellations demeurent une pratique très bien connue. Glisser un billet à un agent de police ou de gendarmerie afin de se soustraire à une amende est devenu un acte banal pour plusieurs citoyens.

C'est devenu un système au point que même les agents assermentés font la demande aux usagers afin de pouvoir les laisser partir sans payer la contravention. Le système a bel et bien la peau dure.

Le récent rapport du Réseau national de lutte anti-corruption (Ren-lac) sur l'état de la corruption place les forces militaires et paramilitaires dans le top 5 des services publics les plus corrompus.

Ainsi la douane occupe la 1re place suivie de la police municipale 2e. La quatrième place est occupée par la gendarmerie nationale et la 5e par la police nationale.

C'est au vu de ce constat alarmant et en vue de trouver des solutions pour mettre fin à cette forme de corruption que s'est tenue ce forum qui a regroupé tous les profils du domaine : Luc Marius Ibriga, Contrôleur général de l'Autorité supérieure de contrôle d'Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) ; Luc Damiba, chercheur anti-corruption, Bienvenu Claude Bado de la Coordination nationale de contrôle des forces de police et Armiyao Zongo, secrétaire général de l'Unapol, l'un des syndicats de la police.

L'objectif des échanges était d'aborder la problématique sous toutes ses formes et surtout parvenir à des solutions idoines pour mieux éradiquer le phénomène.

« Cette méthode participative de lutte contre la corruption nous agrée fortement dans la mesure que cela permet de prendre le point de vue des différents acteurs pour pouvoir lutter contre la corruption.

Cette lutte exige l'implication de tous les acteurs et la discussion a bien montré que dans ce problème de rackets, il n'y a pas que les forces de l'ordre mais il y également aussi les citoyens qui eux même tolèrent et acceptent le racket parce que ça les arrange.

Il faut que de telles rencontres aient lieu pour véritablement montrer que cette question est une problématique de toute la société » a indiqué Luc Marius Ibriga.

De son avis, pour mettre fin aux rackets, il faut aller à la dématérialisation des modalités de paiement des amendes et que tout agent affecté au niveau des axes routiers portent son identité et son matricule, ce qui permettra au citoyen de signaler à sa hiérarchie l'activité suspecte dudit agent.

« Il y a aussi des exemples que le Burkina doit suivre comme celui du Cameroun avec la Conac (Commission nationale Anti-corruption, Ndlr) où il y a des brigades mobiles avec un numéro vert. Dès que vous êtes victimes de racket, vous téléphonez et la brigade intervient immédiatement et le policier se retrouve pris la main dans le sac » a précisé le contrôleur d'Etat.

A l'issue du forum, une vingtaine de recommandations ont été formulées par les participants. Il s'agit essentiellement d'une plus grande implication de la société, de l'accroissement de la volonté politique, l'implication de la hiérarchie policière et de la gendarmerie, la restauration de l'autorité de l'Etat et du respect de la hiérarchie policière, la mise en place d'un système de dénonciation permettant aux usagers victimes de racket de se signaler, la prise de sanctions appropriées contre les agents fautifs et instaurer une prime à la bonne moralité pour les agents exemplaires, sensibiliser les usagers à avoir des documents et des titres de voyages valides, etc.

Les recommandations qui seront consignés dans le rapport serviront à faire le plaidoyer auprès des structures et services compétents.

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