Gabon: Frédéric Bongo Ondimba mis à l'écart du pouvoir

Photo: photos-gratuites.org
Vue Libreville

Le chef des renseignements de la présidence gabonaise, demi-frère du chef de l'Etat, Frédéric Bongo Ondimba, a quitté les arcanes du pouvoir après l'annonce faite en Conseil des ministres, le 15 octobre.

La réunion du gouvernement gabonais du mardi, tenue au Palais du bord de mer de Libreville, a abouti, une fois de plus, à de nouvelles mesures individuelles et plus particulièrement au sein de la présidence de la République.

Après avoir limogé sa sœur, Pascaline Mferri Bongo du poste de haute représentante du chef de l'État, le lieutenant-colonel Frédéric Bongo Ondimba, qui occupait officiellement le poste de directeur général des Services spéciaux, est muté en Afrique du Sud comme attaché militaire à l'ambassade du Gabon. Une décision qui fait grand bruit à Libreville.

Considéré comme la pièce maîtresse du dispositif de sécurité à la présidence de la République, chargé notamment des écoutes téléphoniques, Frédéric Bongo Ondimba avait une réelle influence sur la garde républicaine. Il est donc remplacé à ce poste par le colonel Brice Clotaire Oligui Nguema, réputé proche de Brice Laccruche Alihanga.

Frédéric Bongo est décrit comme un adepte du secret - il n'apparaît quasiment jamais en photo dans les médias - et aussi des sports de combat. Né en 1979 en France, d'Omar Bongo Ondimba et d'Edmond Jacqueline Coq, ce Saint-Cyrien que plusieurs décrivent comme un homme violent et intimidant, est titulaire d'une maîtrise en sociologie.

Après les tensions apparues au sein du sérail suite à l'AVC du chef de l'État, Frédéric Bongo a été progressivement écarté du premier cercle, jusqu'à être interdit d'accès aux appartements privés du palais présidentiel. Il subit aujourd'hui le même sort que le Sud-Coréen Park Sang-chul, chargé de la sécurité d'Ali Bongo depuis les années 1980; John Steed Rey, un cousin, directeur de protocole, ou encore l'ancien aide de camp Arsène Emvahou.

« Depuis de longs mois, c'est le clan de la première dame et du directeur de cabinet, Brice Laccruche Alihanga, qui tient les rênes, en voilà une illustration supplémentaire », précise une source, qui ironise : « chasse aux sorcières, purge, rouleau compresseur, appelez cela comme vous voulez ».

Mercredi, dans sa première interview depuis son AVC du 24 octobre 2018, accordée au quotidien pro-gouvernemental L'Union, le président Ali Bongo Ondimba a promis d'accélérer le rythme des réformes et la lutte contre la corruption, se disant « déterminé » à aller au bout de sa « mission ». « Je me sens bien. Et de mieux en mieux chaque jour », a-t-il assuré en préambule de cette interview.

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