Burkina Faso: Soutien aux déplacés internes - Le plan « Marchal » du gouvernement

Il y a plus de 480 000 personnes déplacées internes au Burkina. Près de 2 500 000 000 FCFA ont été mobilisés pour leur venir en aide. Le 17 octobre 2019, le ministre de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l'Action humanitaire a, au cours d'un point de presse, fait le bilan de la situation humanitaire née de l'insécurité dans certaines zones du pays.

Hélène Marie Laurence Ilboudo/Marchal, qui avait à ses côtés le ministre de la Communication (Remis Fulgance Dandjinou), a aussi décliné les actions menées sur le terrain.

La « présence » des forces étrangères sur le territoire national alimente toujours les débats. A ce rendez-vous de redevabilité de l'exécutif burkinabè, le ministre a encore été interrogé sur la présence ou pas de bases étrangères au Burkina.

Alors qu'une certaine opinion avance la présence d'une armée étrangère et exige son départ illico presto, le ministre de la Communication dément l'information : « Il n'y a pas de bases françaises au Burkina Faso », certifie Remis Dandjinou.

Néanmoins, il ne nie pas que les forces françaises, par leur puissance de feu aérienne, sont intervenues par deux fois dans notre pays. Le porte-parole du gouvernement est convaincu que cette guerre le Burkina ne peut pas la mener tout seul. Il a besoin, souligne-t-il, de synergies avec les pays de la sous-région et les autres partenaires.

Les chiffres sur les personnes déplacées internes ne cessent de grossir. A la date du 2 octobre 2019, le nombre de déplacés internes dénombrées a grimpé pour atteindre 486 330 personnes. Elles sont éparpillées un peu partout à travers le pays. Des milliers d'enfants n'ont plus droit à l'éducation scolaire.

La région du Centre-Nord est la plus touchée par le phénomène et accueille 55, 61% de ces réfugiés. Elle est suivie du Sahel (33,05%). Le ministre de l'Action humanitaire souligne que « la situation humanitaire au Burkina Faso est loin de s'améliorer ».

Le gouvernement, pour mettre en œuvre son plan d'aide, a décaissé 2 500 000 000 de FCFA. Le soutien des partenaires qui ont directement financé les actions sur le terrain, dit-elle, n'est pas pris en compte dans le calcul.

Quelques mesures d'aide communiquées lors de ce point de presse : plus de 310 000 personnes ont bénéficié d'une assistance en vivres, 4 sites officiels ont été aménagés, 38 000 ménages ont bénéficié de tentes familiales, 650 000 ont accès aux services de santé, etc.

Le principal défi, un préalable au retour des concernés dans leurs patelins, est la sécurisation des différentes localités. La faible mobilisation financière se pose également, puisque, par rapport à la réponse d'urgence élaborée, seulement 32% des financements ont été mobilisés.

Les chiffres du gouvernement sont déjà affligeants. Pourtant les données risquent de s'alourdir dans les prochains mois. « Le flux des personnes déplacées internes continue. Si la tendance se poursuit, nous pourrions atteindre 650 000 personnes déplacées internes d'ici décembre 2019 », s'inquiète Marchal Ilboudo.

Lorsqu'un journaliste fait remarquer au ministre qu'elle a escamoté le sujet lié aux personnes qui ont trouvé refuge à Ouagadougou, la ministre a indiqué que les déplacés internes se trouvant dans la capitale ne sont pas enregistrés.

Pour être répertoriés, elles doivent choisir des sites hors de Ouaga. L'une des raisons avancées est que « Ouagadougou est une grande ville. Donc la sécurité de ses personnes est difficile »

Le ministre Ilboudo pense que certaines personnes traitent, à tort, le gouvernement d'incapable. « Nous travaillons, et ce travail doit être encouragé et soutenu par chacun de nous. Personne n'a voulu cette situation. Personne. Il ne faut pas non plus jeter la pierre à une personne ou à un département ministériel », affirme celle qui lance que « Koutougou sera repris »

Face à la situation, certaines personnes se rendent directement sur le terrain munis de cadeaux de diverses natures. Tout en se félicitant de cette solidarité agissante, le ministre assène ses vérités :« L'humanitaire, ce n'est pas partagé son repas un jour, c'est aider la personne à vivre sans vous après.

Il faut un protocole organisé pour aider les gens à sortir de leur vulnérabilité. La politique sociale n'est pas du saupoudrage ou du populisme. Non. On structure la stratégie pour permettre à la personne de sortir de sa vulnérabilité et d'être autonome.

C'est ce que nous, nous faisons. Ce n'est pas seulement aller donner à manger, donner des sacs de riz. Pour moi, le plus souvent quand les gens disent que j'ai donné tels nombres de sacs de maïs, il faut aussi se demander comment moudre ces sacs de maïs. »

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