Cameroun: Musique - Hervé Nguebo se dévoile

interview

Six ans après la sortie de l'album « Another Part of Me », l'artiste a récemment sorti « Multicol'or », qui sera dévoilé samedi, 19 octobre 2019 au cours d'un concert à l'hôtel Hilton de Yaoundé

Un florilège de bonnes mélodies. Un recueil pour les amoureux. Le tout placé sous le signe de l'ouverture vers la diversité de styles : Afro Jazz, Afro beat, etc. C'est ainsi que l'on peut résumer le dernier album d'Hervé Nguebo. Un cocktail de 14 titres savoureux dans lequel de grosses pointures du monde musical (France, Etats-Unis, Sénégal et Cameroun) ont collaboré. L'album « Multicol'or » sera présenté au public de Yaoundé samedi prochain à l'hôtel Hilton de Yaoundé. Fidèle à lui-même et à son style, le virtuose camerounais à la voix suave et doucereuse a opté pour un concert live sous le thème de la paix et du vivre ensemble, en première partie. Pour faire vibrer ses nombreux fans, il leur promet d'ailleurs un show mémorable au cours duquel tout son répertoire musical sera revisité. Pour déguster ces belles mélodies, il vous faudra honorez ce rendez-vous dès 20h, après avoir déboursé 20 000 F si vous êtes seul. Par contre, les réservations sont faites pour les tables Gold et Premium, notamment à l'hôtel Hilton. Soixantes artistes sont déjà mobilisés pour accompagner Hervé Nguebo sur scène. Avant la mise en bouche, le virtuose de la guitare s'est confié à CT sur la naissance de son nouveau bébé et ses projetsVous organisez un concert de présentation de votre nouvel album.

Pourquoi avoir attendu pratiquement un an pour le faire ?

J'ai l'habitude d'être en communion avec le public. Donc, je laisse parfois le temps à ce public de découvrir mes chansons afin qu'il soit en phase lors de mes concerts. Ainsi, je peux chanter en harmonie avec tout le monde.

Quelle relation entretenez-vous avec le public de Yaoundé ; avez-vous l'impression que votre musique est très connue par ce public?

Ma musique est bien connue et appréciée par le public de Yaoundé. Le précédent album sorti en 2013, « Another Part of Me » a d'ailleurs reçu un accueil très chaleureux. On connaît Hervé Nguebo dans la majorité des ménages de la cité capitale. Comment définissez-vous votre style musical ? Je fais simplement de la musique et je ne peux pas me définir dans un style. Je fais du jazz, du makossa, de l'afro beat, de la world music. Je ne peux pas me définir dans un style quelconque. Je suis musicien et il peut m'arriver de faire du bikutsi acoustique. Je puise cela dans les essences du terroir, pour agrémenter, pour avoir une écoute agréable. Déjà dans les précédents albums, il y avait du bikutsi jazz que j'avais concocté. J'ai prévu remettre ça dans le prochain album. Quand on vous écoute, on constate que vous êtes influencé par Richard Bona.

N'avez-vous pas peur d'être desservi par cette proximité musicale ?

Cette question revient régulièrement. Mes chansons ont un fondement. Lorsqu'on écoute Hervé Nguebo, on peut se référer à Eboa Lotin, Charles Lembe, Charles Ewandjè et même à Henri Dikonguè. Il n'y a pas que Richard Bona. Associer ma musique à un mastodonte de la culture mondiale comme Richard Bona signifie que le travail est vraiment abattu. Ce n'est pas n'importe qui qu'on compare à Richard Bona. Il faut que les Camerounais apprennent à écouter au lieu de comparer les styles à tout va.

Avez-vous déjà rencontré ou travaillé avec Richard Bona ?

Quand l'album « Another Part of Me » est sorti en 2013, il était venu à Douala pour un concert. Il m'a invité à dîner dans un restaurant à Bonapriso, au cours duquel on a échangé. Il m'a dit que pour un album entièrement produit au Cameroun, le son était bien maîtrisé. Je suis ouvert, si un jour il arrivait qu'on travaille ensemble sur un featuring. Je suis d'ailleurs ouvert avec tous les artistes du monde entier si cela va dans la perspective de la recherche pour faire éclore ma carrière. Pour l'instant, je ne suis pas très partant en ce qui concerne les featurings. Tout simplement parce qu'avec la sortie du précédent album en 2013, beaucoup de mélomanes m'ont immédiatement référés à Richard Bona et j'ai laissé perdurer le doute. C'est au bout d'un an que j'ai réalisé le clip, avant qu'on ne s'aperçoive qu'il s'agissait d'Hervé Nguebo. Il a donc fallu que je m'affirme encore plus dans l'album « Multicol'or ». Ceci afin de montrer aux mélomanes que je suis un musicien aguerri et cela ne relève pas du hasard. Parlez-nous de votre parcours musical... Ça fait pratiquement 25 ans de métier. J'ai commencé par jouer à la guitare en tant que professionnel dans les années 1992-1993 avec l'onction de mon feu maître, Jeannot Hens. C'est à partir de là que j'ai commencé à faire des scènes ouvertes dans les centres culturels. Ensuite, avec le groupe « Bantou Jazz mélodie », avant d'intégrer les « Sans Visas » de Petit Pays entre 1998-1999. J'ai créé un groupe en 2003 qui faisait dans les musiques dansantes. En 2013, j'ai décidé de revenir à mes premières amours, jusqu'aujourd'hui.

Des projets en vue ?

Il y a beaucoup de concerts hors du pays. D'abord en France en novembre prochain. Il est prévu également plusieurs spectacles ici au pays. Je me rendrais également aux Etats-Unis, parce que les gens ont beaucoup apprécié mes prestations là-bas en 2017. Et je compte offrir des spectacles dans six Etats. La voie est ouverte ; il y a beaucoup de perspectives. Donc, on reste dans le travail. Est-ce que l'artiste vit de son art? Je ne pourrais pas dire que l'artiste vit de son art ici au pays. Mais Hervé Nguebo ne souffre pas pour autant. C'est vrai, je ne dispose pas des moyens à ma juste valeur. Surtout quand nous regardons les pays comme le Nigeria où les artistes vivent vraiment de leur art. Si mes enfants ne meurent pas de faim, je pense que c'est le plus important.

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