Madagascar: Genre et journalisme - Le chemin serait encore long

La violence basée sur le genre est un phénomène sous-déclaré à Madagascar.

Les résultats des enquêtes faites au niveau de la presse sur les journalistes et le genre ont été présentés au centre Arrupe Faravohitra hier.

« L'on constate un non-respect du genre dans le milieu du journalisme malgache ». Propos avancés lors de la présentation des résultats de l'étude menée auprès des journalistes sur la question du genre. Entrant dans le cadre du projet Sahala, mis en œuvre par l'ONG C-for-C et Save Madagascar, les enquêtes en question ont eu comme objectif de « dégager la perception des journalistes malgaches de ce qu'est la question du genre ». Mais également, pour connaître « si pour les citoyens malgaches, le journalisme joue un rôle de promoteur de la lutte contre la violence basée sur le genre ou un rôle d'obstacle à la lutte ».

Menées auprès d'environ quarante journalistes répartis dans différents types de presses, les enquêtes anonymes ont démontré que « certains journalistes estiment qu'il y a une différence de traitement entre les femmes et les hommes ». Ainsi, les femmes seraient « lésées » par rapport aux hommes dans le milieu. Également menées auprès de citoyens lambda, les enquêtes ont permis de savoir que pour de nombreux Malgaches, « la presse ne participe pas trop dans la lutte contre la violence basée sur le genre ». Mais également que « les hommes ont conscience des pressions endurées par les femmes ».

Taux. Il conviendrait de noter que les enquêtes ont été menées dans les régions Menabe et Analamanga. Interrogée sur le pourquoi du choix des deux régions en question, Sariaka Nantenaina, chef de projet Sahala de répondre : « les régions Menabe et Analamanga font partie des cinq régions qui présentent les plus forts taux de prévalence en matière de violence basée sur le genre à Madagascar ». En effet, l'enquête nationale sur le suivi des indicateurs des Objectifs du millénaire pour le développement (ENSOMD) conduite en 2012 et 2013 fait savoir que le taux en question est de 42% pour la région Menabe.

Des avancées ont toutefois été observées ces derniers temps. Entre autres, l'abandon petit-à-petit de la culture du silence dont la conséquence directe est la hausse des statistiques d'un côté, mais surtout de la possibilité pour les victimes d'être prises en charge par les organismes mis en place pour cela. Si les hommes sont conscients des pressions endurées par les femmes, il n'en demeure pas moins que la lutte contre la violence basée sur le genre soit encore de longue haleine pour le pays.

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