Maroc: La durée de la prorogation du mandat de la MINURSO suscite le débat

L'absence d'un envoyé personnel d'Antonio Guterres au Sahara au centre des consultations du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu mercredi des consultations à huis clos sur la question du Sahara.

Durant cette réunion, Bintou Keita, secrétaire générale adjointe pour l'Afrique au Département des affaires politiques, de la construction et des opérations de paix des Nations unies, a informé la plus haute instance décisionnelle de l'ONU sur les aspects politiques du processus de paix actuellement en cours.

Les membres du Conseil de sécurité ont également entendu Colin Stewart, représentant personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara qui a, à son tour, informé lesdits membres de l'action de la MINURSO sur le terrain.

Selon le quotidien espagnol El Diario, «les Etats membres ont fermement appuyé le processus de paix des Nations unies et mis en relief le besoin urgent de nommer un nouvel Envoyé personnel des Nations unies pour le Sahara».

Selon l'agence espagnole EFE, la décision concernant cette désignation «ne relève pas du Conseil de sécurité, mais du Secrétaire général, Antonio Guterres». Les membres de ce Conseil ont néanmoins « saisi l'occasion pour l'exhorter à trancher car ils devront, à la fin de ce mois, adopter une résolution prorogeant le mandat de la Minurso », qui expirera le 31 octobre. Et la même source d'ajouter : «La Belgique (membre non permanent) a publiquement exhorté Antonio Guterres à nommer un nouvel Envoyé "dès que possible" et insisté sur la nécessité pour lui de continuer à tirer bénéfice des progrès réalisés par Horst Köhler».

Ayant jeté l'éponge en mai dernier en avançant des «problèmes de santé», ce dernier avait pu organiser deux tables rondes à Genève en présence des parties concernées par cette question, à savoir le Maroc, l'Algérie, la Mauritanie et les séparatistes du Polisario. La première s'est déroulée les 5 et 6 décembre 2018 et la seconde les 21 et 22 mars 2019. Le troisième round des pourparlers de Genève sur le Sahara était prévu au cours de cet été, mais son départ impromptu a interrompu les pourparlers.

Dans ce cadre, le dernier rapport d'Antonio Guterres au Conseil de sécurité a souhaité maintenir la «dynamique» politique engagée au cours de l'année dernière en vue de trouver solution à la question du Sahara marocain, soulignant qu'«il est essentiel que cet élan ne soit pas perdu».

Il convient de rappeler qu'«au cours de l'année dernière, le Conseil de sécurité avait renouvelé pour une durée de six mois le mandat de la Minurso, sur proposition de Washington, afin de maintenir la question à l'ordre du jour international», a souligné EFE, affirmant que «le processus étant actuellement paralysé, il faut voir si les Etats-Unis vont proposer, à nouveau, pareille formule ou s'ils vont proposer un renouvellement annuel». Et l'agence espagnole de préciser : «Pour le moment, la délégation des Etats-Unis - chargée d'élaborer les projets de résolutions sur le Sahara au Conseil de sécurité - n'a pas distribué de draft aux autres membres».

L'ONU maintient sur place une force de quelque 240 Casques bleus (Minurso) chargés de contrôler, notamment par des patrouilles aériennes et terrestres, le respect du cessez-le-feu.

Dans son rapport remis au Conseil de sécurité, Antonio Guterres s'est félicité de la pleine et entière coopération du Maroc avec cette mission, affirmant que grâce à la coopération des Forces Armées Royales, elle a été en mesure de régler toutes les questions en suspens depuis son rapport d'avril 2019 et de parvenir à des solutions finales et acceptables aussi bien pour le Maroc que pour la Minurso.

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