Rwanda: Une école à deux vitesses ?

18 Octobre 2019

Comme pour les secteurs de l'économie et de la santé, le gouvernement rwandais s'est fixé comme objectif d'insuffler une nouvelle dynamique dans le secteur de l'éducation. Avec des résultats mitigés.

En 2009, le président Paul Kagame a lancé le nouveau système éducatif en augmentant, de façon substantielle, le budget de l'Etat dédié à ce secteur.

Résultat : le pays a enregistré une nette progression du niveau scolaire, comme le reconnait Bob Kabamba : "On se rend bien compte que le taux de scolarité des Rwandais s'est beaucoup amélioré par rapport aux pays de la région," admet le politologue congolais. "On a des nouvelles filières de formation qui sont maintenant développées au Rwanda qui n'existaient pas avant. Le Rwanda commence à attirer aussi beaucoup d'étudiants et d'élèves qui viennent de la région pour aller se former dans ses universités, ses écoles supérieures, ses instituts techniques et aussi au niveau de l'enseignement fondamental."

L'apprentissage douloureux de l'anglais

Le taux de scolarisation est certes élevé. Cependant, Colette Braeckman, journaliste au quotidien Le Soir à Bruxelles précise que l'apprentissage obligatoire de l'anglais comme langue principale a eu des effets négatifs : "Le corps enseignant n'est pas encore tout à fait au niveau. Et il y a eu cette mesure du passage obligatoire à l'anglais qui fait que les enseignants n'étaient pas préparés à enseigner dans une autre langue que le français. Donc il y a eu des cafouillages au début."

La spécialiste de l'Afrique des Grands Lacs ajoute : "Il y a eu surtout une espèce de dichotomie entre l'école publique qui n'était pas de très bonne qualité et les écoles privées payantes qui se sont multipliées dans le pays et surtout dans les villes mais qui sont accessibles uniquement à ceux qui ont les moyens de payer. Donc il y a un peu deux niveaux d'enseignement. Et ça, sur le plan social, ça peut provoquer certaines rancœurs."

Les rancœurs, certains Rwandais qui se sont confié à la DW l'éprouvent, en effet. Ils accusent leurs autorités de favoriser un système élitiste. Ainsi, des bourses d'études à l'étranger ne seraient octroyées qu'à des membres de la classe aisée.

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