L'Afrique a progressé dans les domaines de l'état civil et des statistiques de l'état civil, mais il reste encore beaucoup à faire

14 Octobre 2019

Lusaka, Zambie — L'Afrique a fait des progrès impressionnants dans la modernisation de ses systèmes de faits d'état civil et de statistiques de l'état civil (CRVS), déclare William Muhwava, Chef de la Section des statistiques démographiques et sociales de l'Afrique, au Centre africain pour la statistique, de la Commission économique pour l'Afrique (CEA).

Lors de sa présentation à la 5ème Conférence des ministres africains responsables du CRVS à Lusaka, en Zambie, M. Muhwava a présenté les principales réalisations et les progrès accomplis par le continent. Il ajoute toutefois qu'il reste beaucoup à faire pour que toutes les personnes présentes sur le continent soient visibles.

L'une des plus grandes réalisations concerne l'institutionnalisation de la Conférence des ministres africains responsables du CRVS en tant que forum permanent de la Commission de l'Union africaine, chargé de définir les orientations de la transformation et de l'amélioration accélérée des systèmes de faits d'état civil et de statistiques de l'état civil en Afrique.

Dans sa présentation, M. Muhwava a examiné les progrès accomplis par le continent dans la mise en œuvre du Programme africain pour l'amélioration accélérée des systèmes de faits d'état civil et des statistiques de l'état civil (APAI-CRVS) au cours des deux dernières années, conformément aux engagements pris par les ministres africains responsables du CRVS.

L'expert de la CEA déclare que la formation du groupe principal régional sur les faits d'état civil et les statistiques de l'état civil constitue une autre réalisation essentielle pour le continent qui cherche à créer un système CRVS moderne et complet. Ledit groupe harmonise les approches, exploite les synergies et aide à éviter la duplication des efforts de CRVS, tout en fournissant un soutien financier et un appui technique à APAI-CRVS.

Il ajoute que des efforts sont également fournis dans le but de mettre en place un comité des Registraires généraux africains afin de renforcer et d'appuyer les travaux de la Conférence des ministres.

« Il est nécessaire qu'un processus intergouvernemental maintienne la dynamique et accélère les progrès dans le développement des statistiques du CRVS », indique M. Muhwava.

Le rapport souligne que des progrès ont également été accomplis dans la numérisation des registres d'état civil et des statistiques de l'état civil, la tenue de registres, la promotion du partage des connaissances et la mise en place d'un cadre de suivi.

M. Muhwava affirme que les taux de déclaration des décès dans la plupart des pays africains sont extrêmement bas et que l'enregistrement et la compilation des causes de décès sont quasi inexistants.

La CEA et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont élaboré conjointement une stratégie de statistiques de la mortalité en Afrique (2016-2020) directement liée à cet appel ministériel à l'action des organisations panafricaines appelées à prendre des mesures urgentes en vue d'apporter un appui aux États africains à mettre en place un système de mortalité en temps réel des systèmes d'enregistrement et d'information sur les causes de décès.

Malgré les progrès accomplis, le rapport souligne les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du programme CRVS. D'abord et avant tout, le financement d'APAI-CRVS, provenant en grande partie de partenaires de développement, est insuffisant et de nature ponctuelle. L'imprévisibilité des ressources a affecté sa bonne mise en œuvre, y compris le maintien des ressources humaines nécessaires à la gestion du secrétariat APAI-CRVS. De plus, de nombreux pays ne disposent pas de mécanismes et de la capacité nécessaires pour suivre régulièrement les rendements de leurs systèmes d'enregistrement des faits d'état civil et ne peuvent donc pas faire rapport de manière adéquate sur les améliorations découlant de leurs interventions.

Le Guide de numérisation du CRVS a été élaboré par le groupe principal régional sous la direction technique de Plan International, avec le soutien de la CEA et de la Banque africaine de développement, en collaboration avec des experts nationaux en Afrique.

« Ensemble, nous pouvons réaliser cela pour le continent. Des progrès ont été accomplis et nous devons continuer à aller de l'avant, en travaillant ensemble et en parlant d'une seule voix alors si nous voulons développer des idées et des solutions viables aux défis de notre système de CRVS ».

La 5ème conférence des ministres a pour objectif de fournir des orientations stratégiques et politiques sur les voies menant à des systèmes globaux, innovants et intégrés de faits d'état civil et de statistiques de l'état civil (CRVS) ainsi qu'à des systèmes de gestion de l'identité numérique pour aider à combler le fossé en matière d'identité en Afrique, où plus de 500 millions de personnes n'ont pas d'identité légale.

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