Congo-Brazzaville: Présidence de la Céni - Des ONG boudent la candidature d'Adolphe Lumanu

L'Association africaine de défense des droits de l'homme (Asadho), l'Institut de recherche en droits humains (IRDH) et Justicia Asbl s'insurgent contre la désignation d'un cadre du Front commun pour le Congo (FCC) à la tête de la Centrale électorale, estimant que cela violerait les principes démocratiques.

« Des nouvelles manœuvres politiciennes du Front commun pour le Congo, visant à remplacer le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Nangaa Yobeluo, par le Pr Adolphe Lumanu Bwana N'sefu », seraient, en effet, en violation de l'article 211 de la Constitution qui consacre les principes d'indépendance et d'impartialité, garants du bon fonctionnement de la Céni, ont affirmé les trois organisations non gouvernementales (ONG).

Leur crainte à l'endroit du Pr Adolphe Lumanu s'explique du fait que celui-ci est député national, élu de Kabinda (province de Lomami), sur la liste du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation-phare du FCC dont il a été coordonnateur du Bureau d'études, stratégies et actions, avant de diriger le cabinet du président Joseph Kabila.

"Des intérêts égoïstes des politiciens du FCC"

Dans leur communiqué conjoint du 19 octobre, les trois organisations dénoncent la stratégie visant à privilégier des intérêts égoïstes des politiciens du FCC, en compromettant l'avenir de toute la nation. Elles ont, par ailleurs, prévenu qu'elles mobiliseront la population contre « ce projet macabre qui tend à confisquer le parachèvement du processus électoral ».

Selon elles, l'emprise du PPRD sur le parlement et la Céni mettrait à rude épreuve le principe de son indépendance, annihilant ainsi toute possibilité d'extirper le mal qui ronge le processus électoral amorcé depuis 2006. La Centrale électorale doit être, expliquent-elles, « une institution réellement citoyenne, composée exclusivement des animateurs de la société civile ayant fait leur preuve par leur neutralité, compétence et qui ne soient corruptibles ni influençables ».

Le FCC, à en croire l'Asadho, l'IRDH et Justicia Asbl, s'emploierait à user de sa majorité à l'Assemblée nationale afin de torpiller des réformes visant à crédibiliser les élections à venir. « Il éviterait la modification envisagée de l'article 10 de la loi électorale de 2013 qu'il avait mis en place, pour que les membres de la Céni soient désignés par les forces politiques de l'Assemblée nationale, au détriment de la volonté populaire qui mise sur l'indépendance, exprimée dans la Constitution », ont-ils indiqué .

« Les élections de 2018, dont est issue l'actuelle majorité parlementaire factice, avaient connu des sérieux dysfonctionnements, à cause de la mainmise qu'y exerçait la majorité présidentielle d'antan. Elles avaient été tenues dans un climat tendu, émaillé de corruption et de manipulation des résultats électoraux qui avaient bénéficié, à 100%, aux députés siégeant actuellement à l'hémicycle », ont signifié les trois organisations.

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