Sénégal: «Réhabilitation» de Karim Wade - La défense met l'etat en demeure

Photo: sudonline
KARIM WADE
21 Octobre 2019

Le Collectif des avocats de Karim Wade s'engouffre dans la polémique née de la supposée «réhabilitation» de l'ancien ministre d'Etat libéral devant le Comité des droits de l'homme de l'Onu. Les conseils de Karim Wade appellent ainsi l'Etat Sénégalais à respecter les engagements pris à Genève.

Mes Ciré Clédor Ly, Demba Ciré Bathily, Michel Boyon et autre Seydou Diagne ont dit de prime abord prendre acte, dans un communiqué transmis à la presse, de « l'engagement pris par l'État du Sénégal à Genève, le 15 octobre 2019, devant le Comité des droits de l'homme de respecter les décisions de cette institution des Nations Unies relatives aux violations des droits fondamentaux de leur client par les autorités politiques et la justice sénégalaises ». Pour autant, le Collectif des avocats de Karim Wade s'est dit « surpris par le communiqué publié le 17 octobre par le ministère des Affaires étrangères qui contredit cet engagement ».

Et d'arguer ; « En effet, pour la première fois, devant le Comité, l'État du Sénégal a reconnu que Karim Wade avait subi un préjudice du fait de sa détention arbitraire et de sa condamnation et qu'il était fondé à en obtenir réparation ».

Qui plus est, ont dit les avocats conseils, l'État du Sénégal « a reconnu que la mesure de grâce ayant permis la libération de Karim Wade avait été exclusivement décidée pour l'application des recommandations du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire, en dehors de tout marchandage politique ou « Protocole de Reubeuss » comme certains ont pu l'affirmer ».

Dans la même dynamique, Me Ciré Clédor Ly, Me Demba Ciré Bathily et Cie ont tenu à rappeler que le pouvoir central qui s'est engagé « à réformer la Cour de répression de l'enrichissement illicite, notamment en ouvrant un droit de recours contre les décisions de cette juridiction d'exception », s'est résolu également à « permettre un réexamen de la déclaration de culpabilité et de la condamnation frappant Karim Wade ».

Dans son argumentaire, le Collectif des Avocats de Karim Wade a tenu à relever par ailleurs « qu'au cours de la réunion du Comité des droits de l'homme des Nations Unies, il a été fait remarquer à la délégation sénégalaise que la grâce octroyée à M. Wade n'allait pas dans le sens de la constatation du Comité car elle n'annule pas la condamnation... ».

Pour toutes ces considérations, Me Ciré Clédor Ly, Me Demba Ciré Bathily et Cie invitent l'État du Sénégal à « respecter scrupuleusement les traités internationaux, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantissent le respect de l'État de droit, des libertés publiques et de la démocratie ».

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