Sénégal: Sédhiou - Médiocrité du réseau de drainage des eaux pluviales à l'origine des inondations -

21 Octobre 2019

La ville de Sédhiou a vécu cette année une exubérance de la pluviométrie qui a causé plusieurs cas d'inondations dans différents quartiers. La médiocrité et la vétusté du réseau de drainage des eaux de ruissellement ont accentué la débandade déferlante de l'eau qui a fini par prendre possession des maisons, sur son chemin.

Les cimetières du quartier Julescounda, déjà dévastés par les ravinements, sont aussi affouillés par la furie de l'eau. Le sinistre, durement vécu, alerte sur les effets des changements climatiques. Ce retour sur ces inondations entre dans le cadre d'une campagne de sensibilisation initiée.

Les fortes pluies qui se sont abattues sur Sédhiou et sa région, le 29 aout dernier, ont mis à nu la défaillance du système de drainage des eaux de ruissellement. Conséquence, beaucoup de maisons sont inondées, sous le regard impuissant de leurs occupants. «Ce jour-là, on n'a pas du tout fermé l'œil.

L'eau venait et entrait partout, comme un déluge», raconte la dame Aïssatou Dramé de Moricounda. Son voisin immédiat, le vieux Dembelé, déclare avoir fait trente-cinq (35) ans dans ce quartier sans jamais vivre une telle horreur. «De l'eau de pluie jusque dans ma chambre à coucher, toutes les chambres inondées, c'est du jamais vu.

Au-delà des fortes pluies, il y a aussi les travaux de construction de la route qui ont dérivé le circuit de l'eau», explique-t-il.

Aux quartiers Juslescounda et Montagne Rouge aussi, les témoignages font état de la furie de l'eau inédite jusque dans les maisons. «Le grand canal en construction par ONAS (Office national de l'assainissement du Sénégal, ndlr) a déversé son trop plein d'eau dans les maisons qui le longent.

Nous, nous étions obligés de percer un trou dans le pan arrière de la maison pour chasser l'eau des chambres», souligne Ndèye Mané, habitant près du niveau de jonction du grand canal.

Après un constat de visu, le deuxième adjoint au maire de Sédhiou, Mouhamadou Lamine Danso, relève une absence manifeste de voies de passage des eaux.

«Nous avons effectivement constaté l'absence de canalisation dans ce quartier de Moricounda. Ce qui a naturellement entrainé des inondations dans les maisons.

Et, l'urgence, c'est de construire ces ouvrages pour éviter la stagnation des eaux de pluie», déclare-t-il, en présence de Boubacar Biaye, le secrétaire municipal.

Le chef du Service régional de l'assainissement de Sédhiou, Emmanuel Diatta, reconnait l'insuffisance et la déficience du réseau de drainage des eaux, mais s'empresse de faire observer que des efforts sont en cours pour assouvir le besoin.

«Globalement et si on fait l'état des lieux, on peut dire que le réseau d'assainissement est presqu'inexistant à Sédhiou, à l'exception d'un petit réseau qui est du reste vétuste. Sédhiou ne devrait pas connaitre ce problème car la ville est sur une pente, avec des versants sur le fleuve et les rizières.

Cependant, on a la chance d'avoir des partenaires comme Eiffage et ONAS qui sont sur le terrain, à travers le financement de l'Etat. Eiffage s'en va, mais ONAS reste toujours», indique Emmanuel Diatta.

DISPARITION PROGRESSIVE DES TOMBES, LES CIMETIERES DE JULESCOUNDA EN SURSIS !

Déjà profondément déstructurés par les ravinements, les cimetières de Julescounda ne tiennent plus, n'est-ce pas Emmanuel Diatta ? «Çà, je l'avoue. Et c'est un problème de ravinements. J'ai une pensée pieuse pour ceux qui s'y trouvent car c'est vraiment une situation sociale qui interpelle tout le monde.

On y voit des tombes entières emportées par les eaux. Et si rien de conséquent n'est fait, d'ici quelques années, on risque de perdre une bonne partie de ces cimetières.

Heureusement que, dans le cadre de nos ouvrages, nous sommes au niveau du dalot vers le canal 8 qui traverse la route de Bambaly pour aller vers le fleuve. Et si tout va bien, d'ici l'année prochaine, on ne parlera plus de çà».

Le chef du Service régional de l'assainissement de Sédhiou, Emmanuel Diatta rassure qu'au-delà des ouvrages de l'entreprise Eiffage, l'Office national de l'assainissement du Sénégal (ONAS) va poursuivre l'aménagement des canaux d'évacuation des eaux de pluie.

«L'ONAS va poursuivre les travaux. Il y avait juste une suspension, en raison de l'hivernage. Mais bientôt ils vont reprendre.

Globalement, un linéaire de 4.740 mètres sont faits par l'entreprise Eiffage et l'ONAS va réaliser un linéaire de 3.750 mètres», rassure notamment Emmanuel Diatta. A Sédhiou, comme partout ailleurs, les changements climatiques y sont pour beaucoup.

C'est du reste le sens d'une campagne de sensibilisation que mène l'Institut panos Afrique de l'Ouest (IPAO) sur la bonne gouvernance des ressources environnementale, afin que le péril tant redouté n'arrive jamais.

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