Cameroun: Fichier solde de l'Etat - L'assainissement se poursuit

Les explications d'Achille Nestor Basahag, Directeur de la Comptabilité publique au ministère des Finances.

Pour la campagne de paiement de salaires et autres pensions de ce mois d'octobre, qui démarre dans quelques jours, ceux des agents publics payés par bons de caisse vivront une nouvelle réforme. De quoi s'agit-il exactement et qui est concerné ? Les modes de paiement distinguent deux catégories de salariés de l'Etat. La première est composée d'agents dont les salaires sont virés au niveau des institutions financières. C'est la plus importante catégorie. L'autre catégorie est constituée de personnes dont les salaires sont touchés par voie de bon de caisse. C'est cette dernière catégorie qui est touchée par la réforme des paiements dématérialisés. Elle représente avec 146 000 salariés, le tiers de la masse salariale des agents de l'Etat estimée à environ 500 000.

Mais il faut le dire, dans ces 146 000, il y en a dont la solde est supérieure à 100.000F A combien peut-on estimer ces hors-la-loi? Jusqu'à présent nous n'avions pas encore initié une étude de cette catégorie là. Je dirai quand même, sans risque de me tromper, qu'au moins 80% des agents publics actifs ou pensionnés qui touchent par bons de caisse ont un salaire inférieur à la somme de 100 000F. Donc c'est la grande partie qui est concernée. Toutefois, il faut rappeler que le plafond de ceux devant touché par bons de caisse avait été fixé par une règlementation de 1967. Normalement les agents publics dont les salaires sont supérieurs à 100 000F doivent percevoir leur salaire par virement bancaire C'est une nouvelle opération qui comporte des risques.

Quelles mesures avez-vous prises pour que la phase de paiement des salaires d'octobre se passe sans heurts ? Je puis déjà vous assurer, ainsi que tous les agents publics concernés par cette réforme, qu'il n'y aura pas d'incidents, ni problèmes particuliers. Ils se présenteront chacun tel qu'ils l'ont toujours fait, devant leur poste comptable assignataire muni uniquement de certains éléments biométriques qui jusqu'ici ne leur étaient pas exigés. Il s'agit de deux cartes photos visa avec mentionnés au verso, le nom complet, le numéro matricule et le numéro de téléphone mais aussi, d'une photocopie de la carte nationale d'identité et trois spécimen de signature. Pour que cette opération se passe dans la cohérence totale et selon les grandes orientations fixées par le chef de département, des cadres partiront des services centraux et se déploieront dans toutes les circonscriptions financières à l'effet de superviser le bon déroulement des opérations sur le terrain.

Quels sont les objectifs visés par le ministère des Finances à travers cette dématérialisation? Cette dématérialisation s'inscrit dans le cadre d'une dynamique insufflée par le chef de département depuis quelques mois. Nous avons commencé par l'opération de comptage physique des personnels de l'Etat (Coppe), dont nous sommes tous au parfum des résultats. Nous avons suivi par la réforme sur les paiements individualisés et aujourd'hui nous attaquons les bons de caisse. Si vous observez bien, il y a une cohérence par rapport aux objectifs. Déjà le grand objectif est de maîtriser la masse salariale de l'Etat. Pour le cas particulier des bons de caisse, il y a également un objectif lié à la maîtrise du risque des fraudes. Nous le savons tous, lorsqu'on utilise un support papier, Dieu seul sait ce qui peut se passer autour. On peut avoir le bon support papier ou le mauvais, qui sont tous deux utilisés pour les opérations de paiement.

Avec la dématérialisation de ce titre de paiement, on ne parlera plus de jamais de support papier. Ce qui va donc nous permettre de purement et simplement anéantir le risque de fraude. Nous avons également l'objectif relatif à la maîtrise des charges liées à la mise en paiement de la solde. Jusqu'à présent, les papiers qui étaient utilisés pour le paiement par bons de caisse étaient commandés auprès d'une entreprise qui n'est pas au Cameroun. Ce qui génère des coûts supplémentaires. Avec cette dématérialisation nous modernisons aussi la qualité du service. Si nous voulons avoir un service public performant, il faut vraiment aller vers cette mouvance. Qu'est-ce qui a été prévu pour les zones où il n'est pas aisé d'avoir accès à l'électricité ou à un ordinateur ? Nous avons pris des dispositions particulières pour que cette catégorie d'agents publics soit également concernée par l'opération de dématérialisation.

A la fin de chaque mois, chaque chef de poste comptable non fourni par l'énergie électrique se présentera à la trésorerie générale qui est localisée au chef lieu de la région. A ce niveau, il sera procédé à l'édition d'un listing automatique qui comportera les éléments biométriques. Il va donc se déplacer muni de ces éléments dans son poste comptable pour effectuer les contrôles nécessaires et procéder aux opérations de paiement. A ce niveau, nous parlerons de semi-dématérialisation étant donné qu'elle n'est pas totalement achevée comme celle en cours au niveau des chefs lieu de région. Il y a eu le Comptage physique du personnel, puis les virements individualisés.

Maintenant la dématérialisation des bons de caisse. Quels sont les prochains chantiers ? Dans le moyen terme, nous aimerons voir le Trésor public agir comme une banque à travers l'introduction des cartes pour la perception des salaires. C'est une réflexion en cours dans les services. Il n'est pas impossible que dans un proche avenir, nous puissions désormais charger le salaire des agents dans leur carte avec des terminaux installés à différents postes comptables du Trésor. C'est la cible vers laquelle nous sommes en train de cheminer. Elle sera matérialisée par l'introduction de la monétique comme moyen de paiement des salariés de l'Etat.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Cameroon Tribune

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.