Guinée: Tiken Jah Fakoly sur le projet de 3ème mandat - «Alpha Condé devient fou»

Autoroute Le Prince complètement déserte, de loin, on aperçoit des fumées
21 Octobre 2019

Dans son combat pour la défense de la démocratie et des libertés, la star africaine de reggae, Tiken Jah Fakoly n'a pas raté Alpha Condé qui chercherait à briguer un 3ème mandat à la tête de la Guinée, en 2020. Dans une vidéo, l'artiste activiste ivoirien traite le président guinéen de «fou».

Mieux, il invite tous les Africains épris de démocratie, de paix et de libertés à faire du combat guinéen contre un troisième (3e) mandat leur affaire.

Pour cause, dit l'icône ivoirienne de reggae, si Alpha Condé arrive à se présenter une 3ème fois, d'autres présidents africains vont essayer de le faire. Il faut dire que Tiken Jah Fakoly est l'un des rares chanteurs africains engagés qui a fait face à plusieurs régimes dans différents pays africains.

Le climat de tension qui prévaut en Guinée Conakry, en perspective du Référendum et des législatives annoncées par le président Alpha Condé dont le second mandat à la tête de ce pays, selon l'actuelle Constitution s'achève en octobre 2020, ne laisse pas indifférent le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly.

Dans une vidéo qui a fait le tour de la toile avant-hier, la star africaine de reggae déverse sa bile sur le président guinéen, Alpha Condé, qui voudrait briguer un troisième mandat. «Fou ! Fou ! Alpha Condé devient fou!», scande Tiken Jah Fakoly.

Etalant encore son courroux, le chanteur ivoirien ajoute : «il demande une dose et après une autre, entouré de gens qui lui disent qu'il est le plus beau, entouré d'un ami-là qui lui parle comme un roi. Forcément Alpha Condé devient fou».

Tiken Jah Fakoly s'oppose ainsi à un projet de troisième mandat du président guinéen qui, s'il venait à passer, pourrait tenter ses homologues de la sous-région. Des velléités allant dans ce sens sont déjà données, à tort ou à raison aux présidents de la Côte d'Ivoire (ADO), du Sénégal (Macky Sall) du Mali (IBK), etc.

Et l'Afrique de l'Ouest ne mérite pas un tel sort. «Cette vidéo, c'est pour dire non au troisième mandat en Guinée Conakry.

Et je voudrai profiter aussi pour présenter mes condoléances aux familles de ceux qui sont tombés pendant cette marche la semaine dernière et dire à tous les soldats qui sont prêts pour se battre contre le troisième mandat que nous devons continuer le combat parce qu'il ne doit pas y avoir de troisième mandat en Afrique de l'Ouest», martèle l'artiste activiste.

Non sans tirer la sonnette d'alarme. «Si ça passe en Guinée, la Côte d'Ivoire va essayer; et si ça passe, le Sénégal va essayer; et si ça passe, le Mali va essayer, etc.», avertit Tiken Jah Fakoly.

Selon reggae-man africain engagé, le combat contre un troisième mandat en Guinée doit être l'affaire de tous les africains. «Je pense que le combat de Guinée, aujourd'hui, c'est notre combat à nous tous. Donc, non au troisième mandat !», insiste l'artiste activiste.

GUINEE, LA REFORME DE TROP ?

Il faut dire qu'une dizaine de personnes ont été tuées la semaine dernière en Guinée lors des manifestations contre un Référendum constitutionnel annoncé par le chef de l'Etat. Le président Alpha Condé est soupçonné de vouloir, à travers cette réforme adossée à des législatives, briguer un troisième mandat.

Agé de 81 ans et au pouvoir depuis 2010, Alpha Condé avait annoncé l'organisation d'un Référendum sur le changement de la Constitution en Guinée en septembre dernier, depuis les Etats-Unis il était en visite.

Un texte lui permettant de briguer un troisième mandat en 2020, en faisant sauter le verrou de la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux, contenu dans l'actuelle loi de la Guinée.

Et pour dire niet à la volonté du président Condé, des affrontements ont opposé des manifestants aux Forces de l'ordre, suite à l'appel du Front national pour la défense de la constitution (Fndc) qui rejette le projet de révision de la Constitution.

TIKEN JAH FAKOLY, UN ENGAGEMENT DE LONGUE DATE

En effet, ce n'est pas la première fois que Tiken Jah Fakoly élève la voix pour dire non à d'éventuels troisièmes mandats présidentiels et à des dérives de chefs d'Etat en Afrique. En Côte d'Ivoire, il a chanté contre le régime de Robert Gueï.

Contraint en exil, il se réfugie au Mali. Au Sénégal, face aux «dérives» de l'ancien président Abdoulaye Wade, il remet ça au Centre culturel français (actuel Institut Léopold Sédar Senghor). Me Ousmane Ngom, alors ministre de l'Intérieur le déclare persona non grata dans le pays.

Avant que l'ancien président Abdoulaye Wade ne le désavoue publiquement et permet à Tiken Jah Fakoly de revenir au Sénégal, par le biais de sa fille Sindiély Wade. Le chanteur va rentrer dans son pays suite à l'élection du président Alassane Dramane Ouatara.

La star africaine de reggae continue ainsi de jouer le rôle d'artiste engagé. Au péril de sa vie, il défend la démocratie et les libertés partout.

Ce qui est devenu très rare dans nos pays en général, et particulièrement au Sénégal où sauf des rappeurs et souvent le chanteur Ouza Diallo constituent des exceptions. Les autres étant devenus des laudateurs et des chanteurs de louanges.

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