Cameroun: Nkodo Si Tony - Le retour

Trois ans après un accident qui l'aura éloigné de la scène, l'artiste fait son come-back.

Un brin roque, un grain grave, mélancolique, sa voix plonge dans l'émoi. Si sa tessiture vous semble unique, que diriez-vous de sa prestation scénique, de sa mimique et de ses pas de danses... ils le sont tout aussi. Nkodo Si Tony... Comment oublier son titre « Ngoan Ezoum », dont les notes de guitare et le timbre vocal du chanteur, enveloppent de chaleur les cœurs. Il y a eu également « Mba Mvoe » qui vient confirmer que le talent de cet artiste ne saurait être désavoué. Oui, Nkodo Si Tony est un de ces génies des mélodies Bikutsi.

Percussionniste à la base, guitariste du célèbre Mongo Faya, son doigté à la guitare rythmique se veut magique. Ce succès que l'on lui reconnaît à travers les décibels, selon lui, lui vient tout droit de son père spirituel Albert Broeuck. « C'est lui qui a fait que je devienne Si Tony. Je ne l'oublierai jamais. » C'est donc grâce à l'arrangeur de génie de regretté mémoire que Nkodo Si Tobi François, de son véritable nom, détient 25 albums. Parmi eux, le célèbre « 90° de Bikutsi à l'ombre » (sorti en 1986), lui aura valu en 1988 les distinctions de Chanson et artiste de l'année. Parlant d'années, cela fait 40 ans déjà que cette célébrité musicale impose son vocal. Il ne compte pas s'arrêter : « Je prépare un nouvel album qui sortira cette année », confie-t-il.

Il aurait pourtant tout lâché. Une fracture du pied droit, alors qu'il allait en studio (en Angleterre), l'aura éloigné de la scène durant 03 ans. Il a échappé à l'amputation, il ne marchait pas. Son épouse Jacqueline était fort heureusement là. Rétabli, depuis novembre 2018, il est de retour au pays. Après 15 ans passés à Paris. Il revient où tout a commencé. Ainé d'une famille de sept, père de deux enfants qui lui ont offert 15 petits fils, il veut s'entourer des siens. Il pense à ses collègues qui ne sont plus de ce monde, Anne-Marie Nzié et Mbarga Soukous de regrettée mémoire. De quoi lui nouer la gorge quand il dit ces mots : « l'Etat doit faire des efforts pour que les artistes puissent vivre de leur art. » En attendant, il garde le goût des plaisirs de la vie. Entre couscous, viande boucanée, « Ndolé » et « Matango » il ne perd pas de vue le fait qu'au-delà de tous les maux, la vie a toujours quelque chose de beau.

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