Gambie: Adama Barrow seul et contre tous

Le président gambien, Adama Barrow, qui avait promis pendant la campagne électorale de ne faire qu'un mandat de trois ans au lieu de 5, a finalement décidé de faire un quinquennat. Cette promesse phare de sa campagne électorale avait fortement penché la balance en sa faveur face à l'ancien dictateur Yahya Jammeh, exilé depuis en Guinée Equatoriale.

En homme intelligent, le président Barrow a laissé le soin à son ancienne vice-présidente, Fatoumata Tambajang, présidente d'honneur de la « Coalition 2016 » qui l'a porté au pouvoir, de faire l'annonce.

Une annonce qui a mis le feu aux poudres. Pace que même si sa coalition battait de l'aile, l'annonce officielle de la non-tenue de cette promesse de campagne a rendu caduque la coalition. Depuis, le président Adama Barrow fait face à une situation inédite.

Puisque son ancienne formation politique, l'UDP, a refusé de rejoindre l'initiative consistant à étendre son mandat jusqu'en 2021. Il faut dire que le Parti démocratique unifié, dirigé par Ousainou Darboe et dont appartient le président, totalise 31 députés et est la première force politique du pays. De même, le Parti démocratique pour l'indépendance et le socialisme de Haifa Sallah, s'oppose aussi à cette mesure.

Fatoumata Tambajang justifie cette décision par le fait que le président Barrow ait lancé plusieurs programmes qui ne peuvent être achevés en trois ans. Une justification tirée par les cheveux qui peine à convaincre les poids lourds de la coalition qui ont claqué la porte. Cependant, six alliés sur huit ont apporté leur soutien au Président Barrow pour qu'il continuer son mandat.

Cette cérémonie de validation du quinquennat qui a été savamment orchestrée et relayée le par le Palais, renseigne une nouvelle fois sur la difficulté des hommes politiques à respecter leur engagement. En effet, au Sénégal, le président Macky Sall avait aussi pris l'engagement de réduire son mandat de 7 à 5 ans, mais il s'est finalement rétracté pour faire un septennat.

Sauf qu'en Gambie, la situation est tellement instable que le Président Barrow risque de faire face une crise sans précédent dans les prochains mois. Car le parti de Yahya Jammeh, l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC) n'a pas encore dit son dernier mot. Celui-ci compte encore de nombreux partisans, et compte profiter de l'isolement de Barrow pour revenir au pouvoir.

D'après certaines indiscrétions, des échanges seraient en cours pour trouver une alliance entre les deux adversaires. Parce que sans formation politique, le président Barrow serait à la merci de ses anciens alliés. Conscient de cela, l'homme fort de Banjul serait prêt à lâcher du lest pour bénéficier du soutien des pros-Jammeh. Mais ça, c'est une autre paire de manche dont l'issue est incertaine.

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