Burkina Faso: Pont en bois de Poa dans le Sanguié - Roch enfin décidé à abattre "notre lièvre"

Selon le communiqué final du dernier Conseil des ministres du mercredi 16 octobre 2019, un pont en matériaux définitifs sera érigé sur le bras du cours d'eau qui isole le village de Poa (commune de Kyon) chaque fois que la saison des pluies s'installe.

Un pont en dur donc en lieu et place de celui antique entièrement en bois de plus de 200 m et qui avait fait l'objet d'un grand reportage publié dans notre édition du vendredi 08 juin 2018.

Le lièvre que nous avons levé est-il en passe d'être « abattu » par le président Roch Kaboré, dont la réalisation de cet ouvrage était une des promesses de campagne ? Pour le moment, c'est le Wait and see.

"Lot 1 : Entreprise CGPS-SA, pour les travaux de construction de l'ouvrage de franchissement de Poa sur la piste reliant Kyon à Poa pour un montant de huit cent quatre-vingt-treize millions six cent dix-neuf mille huit cent quatre-vingt-deux (893 619 882) FCFA TTC, avec un délai d'exécution de huit (08) mois.

Voilà, telle que libellée, la partie du Conseil des ministres, du mercredi 16 octobre 2019, qui a suscité de la joie dans les rangs de tous ceux-là qui, d'une manière ou d'une autre, ont manifesté un intérêt ou qui ont entrepris quelques initiatives dans le sens de la construction d'un "vrai" ouvrage de franchissement à Poa.

Sont de ceux-là Me Edasso Rodrigue Bayala, dont la publication sur sa page Facebook en 2018 sur le sujet avait motivé notre fameux reportage qui aura fait bouger les lignes ; disons-le sans fausse modestie.

Car 5 jours après la parution de l'article, soit le jeudi 14 juin 2018, le ministre Eric Bougouma a fait une visite remarquée dans le village de Poa où, perché sur cet effroyable enchevêtrement de branches et de troncs d'arbres, il a clairement indiqué aux populations, sorties massivement, que le président Roch Kaboré l'a chargé de leur confirmer que sa promesse de campagne serait respectée et que le pont en matériaux définitifs serait construit.

La population a crié de joie et applaudi à se rompre les phalanges. Une joie somme toute légitime et compréhensive quand on sait le calvaire que ce bras de cours d'eau fait vivre aux usagers. Certes, Eric Bougouma n'a pas donné de délai de concrétisation de la promesse.

Devant même notre insistance pour lui arracher une dead-line, il s'est refusé à se jeter à l'eau, précisant qu'il y a des préalables à la réalisation d'un tel ouvrage.

Il a même appelé la population, massée au bas du rustique ouvrage, à la patience. Une patience qui dure depuis plus d'un an, sans qu'aucun acte n'ait laissé présager un début de réalisation.

Huit mois pour mettre fin au calvaire des usagers

Tout naturellement, le découragement avait commencé à gagner les uns et les autres. Des personnes nous ont même dit : « Voilà, les politiciens vous ont n... encore" (sic).

Pour tout dire, nous-mêmes avions commencé à être gagnés par le pessimisme. Nous projetions même de refaire un tour au pied de « l'échangeur de bois » de Poa afin de réaliser un article de relance.

Les fortes pluies rendant la voie impraticable, cela nous a contraints à reporter notre odyssée à plusieurs reprises. C'est vrai que le député Bienvenue Bakyono, quand nous l'interpellions sur ce sujet, nous répétait invariablement : « Ça se fera. Je suis le dossier.

Il n'y a pas de quoi s'inquiéter ». Fort heureusement, à la lumière du dernier Conseil des ministres, les choses bougent. Enfin ! Même si, entre la décision ministérielle et un pont en fer et en béton, il y a un fossé qu'on ne se hasarderait pas à enjamber allègrement.

Mais déjà, sur les réseaux sociaux, cette décision a fait le buzz, surtout parmi ceux directement concernés par la réalisation de cet ouvrage. Certains, sur leur page Facebook, ont même publié un extrait du communiqué en ajoutant : "Pont de Poa, c'est fait".

Que faire d'autre, sinon souhaiter que leur enthousiasme ne soit pas douché par la lourdeur administrative, les problèmes procéduraux, les caprices de Dame Nature ou des défaillances de l'entreprise CGPS-SA, qui dispose de huit mois pour construire l'infrastructure ?

Il se susurre même que le début des travaux pourrait être pour novembre 2019. C'est dire que d'ici à juin 2020, à l'entame de la prochaine saison pluvieuse, les habitants de Poa, de Kyon et des villages environnants devraient pouvoir passer d'une rive à l'autre les pieds à sec, car à côté de l'impressionnant amas de bois, que les autorités communales entendent préserver comme une œuvre touristique, devrait trôner un autre ouvrage moderne respectant les normes de sécurité.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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