Congo-Kinshasa: Les exactions se poursuivent à Minembwe

En République démocratique du Congo (RDC), la province du Sud-Kivu, de la plaine de Fizi aux hauts plateaux, vit une multiplication d'attaques contre les civils. Autour de Minembwe, sur les hauts plateaux justement, l'armée congolaise et la Monusco renforcent leurs positions mais les exactions continuent.

Presque partout autour de Minembwe, des villages brûlés. Les vaches ont quasiment disparu. C'est dans le centre que les déplacés se réfugient. Aujourd'hui, il n'y a quasiment plus que des banyamulenge mais pour Eli Ntambara, représentant de cette communauté, il ne faut pas parler de conflit communautaire.

« Nous étions toujours avec nos amis, nos frères, avec lesquels nous vivions. Il y a même des villages où vivaient toutes les communautés. Mais le problème, c'est que le gouvernement ne s'active pas pour combattre ces groupes armés », estime-t-il.

Depuis septembre dernier, les autres communautés présentes à Minembwe ont fui. Il ne reste plus que quelques commerçants bashis mais aussi un représentant de la communauté bafuliro : pour Venance Kibingira, le gouvernement est responsable de cette situation, mais aussi le Rwanda et le Burundi.

« Je peux même confirmer qu'il y a instrumentalisation. S'il n'y avait pas instrumentalisation, peut-être que l'affaire ici aurait déjà pris fin. Mais ça continue, chaque fois ça repart. Ça s'arrête, ça reprend. Et avec cela, ça peut se dire qu'il y a instrumentalisation des pays voisins. Tous les groupes armés qui œuvrent ici sur les hauts plateaux sont instrumentalisés. Il n'y a pas un seul groupe qui ne soit pas instrumentalisé », dit-il.

Ces derniers mois, il n'y a pas que des groupes congolais qui se sont affrontés, mais aussi des rebelles burundais et rwandais.

Pour le bourgmestre de cette commune rurale, Gady Mukiza, ce qui se passe à Minembwe n'a rien d'un conflit intercommunautaire. Il y a urgence, explique-t-il, à lancer des opérations militaires.

Nous avons été victimes des attaques de groupes armés maï-maï coalisés [...] Ils ont commencé au mois de mars avec une stratégie qu'on n'a pas encore comprise jusque-là en brûlant les maisons, en emportant les vaches. Les Burundais FNL et RED Tabara ont opéré aux côtés des maï-maï [...] Tout le monde est perdant, parce que tout le monde fuit.

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