Congo-Kinshasa: Les élections de 2018 et les premiers pas douloureux de l'alternance ont exercé un frein sur les réformes

À l'Agence nationale pour la promotion des investissements (Anapi), on ne s'attend pas à un miracle dans le prochain rapport Doing Business 2020, qui sera publié incessamment par les équipes de la Banque mondiale. Les élections de 2018 et le grand retard pris dans la formation du gouvernement ont impacté négativement les réformes prévues dans le cadre de Doing Business 2020.

La fièvre électorale de 2018 et les premiers pas douloureux de l'alternance démocratique, qui ont exigé sept mois de négociations dans la formation du gouvernement, ont exercé un frein dans la poursuite des réformes arrêtées pour l'année 2019.

Dans le prochain rapport Doing Business 2020, la RDC devrait surement afficher une mauvaise cotation. Ce qui n'ébranle pas la détermination de l'Anapi à poursuivre dans la voie de la réforme pour améliorer le climat des affaires et donner plus de visibilité à l'exercice des affaires en RDC. Son directeur général, Anthony Nkinzo, ne désarme pas.

Avec la nomination, début septembre du gouvernement, le n°1 de l'Anapi pense rallumer la flamme des réformes, convaincu que la RDC est en mesure de gagner la bataille de l'assainissement de son environnement des affaires et glaner en même temps des points dans le classement Doing Business de la Banque mondiale.

Dans un document interne transmis à l'équipe de la Banque mondiale sur « l'état des lieux des réformes sur l'environnement général des affaires et des réformes Doing Business en RDC actualisé », l'Anapi note que« l'année électorale qu'a connu notre pays en 2018 et la continuité du processus en 2019 n'ont pas permis une mise en œuvre effective des différentes réformes Doing Business 2020 prévues dans la matrice des réformes gouvernementales sur le climat des affaires de 2019 ainsi que des réformes sur l'environnement général des affaires. Ceci est dû à l'indisponibilité de certains décideurs politiques ou du manque d'intérêt urgent sur les réformes ».Elle poursuit, en faisant comprendre que « cela a notamment eu pour conséquence que plusieurs mesures importantes qui devaient être communiquées à la Banque Mondiale en perspective du prochain Rapport Doing Business dont la publication est prévue en octobre 2019 n'ont pas vu leur aboutissement, soit ont été prises en retard, donc renvoyées pour le prochain cycle du Doing Business 2021 déjà en cours ».

Prédisant un score moins flatteur dans le prochain rapport Doing Business, l'Anapi se veut pragmatique : « Ce qui peut ne pas être sans conséquence ».

Quoi qu'il en soit, l'Anapi dispose déjà d'une feuille de route pour les prochains mois. Elle a été adoptée la semaine dernière par toutes les parties prenantes dans le grand chantier de l'amélioration du climat des affaires. Un motif de satisfaction pour Anthony Nkinzo qui promet de mobiliser, avec l'accompagnement du gouvernement, tous les services de l'État pour gagner ce challenge.

« Réussir l'amélioration, c'est un travail de tout le monde. À l'Anapi, on ne va pas reculer quel que soit le nombre d'obstacles », promet, d'un air rassurant, Anthony Nkinzo.

La feuille de route est enfin là

La feuille de route des réformes Doing Business 2021 a été validée, le jeudi 17 octobre 2019, à Kinshasa au cours d'une réunion du comité de pilotage pour l'amélioration du Climat des affaires.

Il y a lieu de rappeler que l'ANAPI avait organisé, du 11 au 14 Juillet 2019, au centre touristique Mbuela Lodge de Kisantu, avec l'appui du Projet CFEF de la Banque mondiale, la retraite du Groupe thématique d'experts sectoriels sur le climat des affaires. Près de 60 experts provenant tant du secteur public composé des ministères et services réformateurs que du secteur privé représenté par les corporations les plus représentatives sur le territoire national, à savoir la FEC, la FENAPEC et la COPEMECO qui forment le Groupe d'Experts sur le climat des affaires que coordonne l'ANAPI ont pris part à cette retraite.

Il en a résulté l'élaboration de la feuille de route générale des réformes gouvernementales sur l'assainissement de l'environnement des affaires subdivisé en 3 parties, à savoir : a) la feuille de route des réformes Doing Business 2021 qui comprend les différentes réformes devant être mises en œuvre par le pays au plus-tard en mi-février 2020 pour les autres indicateurs et en fin décembre 2019 pour le Paiement des taxes et impôts, réformes qui feront l'objet de communication à la Banque Mondiale en avril prochain en perspective du Rapport Doing Business 2021 ; b) la feuille de route des réformes Doing Business à moyen et long terme qui comprend toutes les réformes se rapportant aux indicateurs du Doing Business devant être initiées dans un délai dépassant une année et ; c)la feuille de route des réformes sur l'environnement général des affaires qui, elle, prend en compte toutes les réformes relatives à l'assainissement de l'environnement des affaires dans notre pays n'ayant pas de lien direct avec le Doing Business.

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