Burkina Faso: Crise au CDP - 22 sanctionnés de retour dans les rangs

Une semaine après la direction du Congrès pour le progrès et la démocratie (CDP), c'est au tour "des sanctionnés" de se prononcer sur les orientations données par leur président d'honneur et fondateur, Blaise Compaoré. « Nous sommes résolus à respecter ses directives, sans aucune réserve.

En ce qui concerne notre groupe (ndlr : au nombre de 22 personnes), les choses sont simples et claires : les demandes en justice seront retirées », ont-il annoncé le lundi 21 octobre 2019. Mais ce n'est pas pour autant qu'ils renoncent à soutenir la candidature de KDO.

Des bonnets rouges à la droite du présidium, en face, des journalistes et des militants venus nombreux remplir la salle de conférences de l'hôtel Somkièta.

A gauche enfin le banc des sanctionnés. « Nul ne peut bâtir le Burkina dans la division... » ! Gnama Paco Drabo plantait ainsi le décor avec cette pensée de Blaise Compaoré qu'il avait cité lors d'une rencontre avec les hommes de médias. Comment doit-on les appeler ?

En tout cas, Léonce Koné n'est pas satisfait de l'appellation "les sanctionnés". Mais n'ayant pas mieux que cela à proposer il s'y résout.

Pour Daniel Rasmané Sawadogo, ils sont élites et non des sanctionnés, car il estime qu'ils n'ont rien fait de grave pour encourir des représailles.

Sanctionnés ou pas, ils devaient se prononcer sur les derniers développements de la crise au sein de leur parti, notamment sur les dispositions à prendre pour donner suite aux orientations fixées par le président d'honneur du CDP, Blaise Compaoré, à l'occasion des concertations des 8 et 9 octobre derniers à Abidjan.

Mais avant, Léonce Koné se désole que la direction du CDP en soit arrivée à connaître une « fracture aussi profonde sur la question de désignation du candidat ».

« Fort heureusement... le CDP dispose d'un recours moral, en la personne de son fondateur et président d'honneur, le président Blaise Compaoré.

C'est ainsi que, voyant la dérive outrancière dans laquelle le parti s'était engagé, avec les mesures d'exclusion prononcées par le congrès extraordinaire du 22 septembre 2019, le président d'honneur a décidé, de sa propre initiative, de se saisir de cette question, en vertu des prérogatives qui lui sont reconnues par les statuts du CDP », a dit, ravi, Léonce Koné.

Le porte-parole des sanctionnés du congrès extraordinaire du 22 septembre avait également des choses à démentir : la première information qu'ils réfutent est celle relative à "une démarche pressante" qu'ils auraient effectuée auprès du président Blaise Compaoré pour la levée des sanctions. « Rien n'est plus faux.

Personne parmi nous n'a entrepris une telle initiative... Blaise Compaoré n'a pas besoin d'être sollicité pour agir dans le sens qu'il juge conforme à l'intérêt du CDP », a-t-il affirmé.

Pour clore le chapitre des démentis, Léonce Koné en vient à cette allégation du président du parti qui fait penser qu'il a eu l'aval de Blaise Compaoré pour prendre les sanctions.

« Cette affirmation est fausse, puisqu'elle est contredite par le président d'honneur lui-même qui, dans les récentes correspondances qu'il a adressées aux militants et à la direction du parti, a expressément reproché à celle-ci de ne l'avoir pas informé au préalable de ces mesures qu'il juge nocives », a-t-il fait remarquer.

Cette double clarification faite, Léonce Koné expose les suites que lui et ses cosanctionnés donnent aux orientations du président d'honneur. « Nous sommes résolus à respecter ses directives, sans aucune réserve.

En ce qui concerne notre groupe, les choses sont simples et claires : les demandes en justice seront retirées », a indiqué leur porte-parole.

Pour ce qui est des démissionnaires, il a annoncé que Boureima Badini a déjà notifié, à travers une correspondance à la direction, sa volonté de réintégrer les instances du parti.

« Les sanctions rapportées, les démissions qui sont les conséquences des sanctions seront nulles et de nul effet », a précisé Yahaya Zoungrana. Pour KDO, ce n'est pas encore le moment de retourner dans les rangs. « Au moment opportun, il verra... », s'est contenté d'annoncer Léonce Koné.

Les sanctionnés, même s'ils annoncent leur retour dans les rangs du parti sans réserve et ce, conformément aux orientations du président d'honneur, ne sont pourtant pas prêts à abandonner leur candidat : Kadré Désiré Ouédraogo.

« Eddie est frénétiquement en campagne depuis 2018. On n'est pas obligé d'aller s'asseoir pour attendre qu'Eddie Komboïgo et Achille Tapsoba sifflent pour dire : vous pouvez commencer les campagnes. Surseoir au soutien à la candidature ? La réponse est non », a signifié Léonce Koné.

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