Sénégal: Sory Kaba, limogé par Macky Sall

22 Octobre 2019

La sentence est tombée. Une tête est coupée. Après le volet de bois verts reçus de la part de ses camarades de parti de Fatick, suite à sa sortie lors de l'émission "Grand Jury" de la Rfm du dimanche 20 octobre dernier, l'actuel ex-Directeur général des Sénégalais de l'Extérieur se fait éjecter de son poste.

Par décret n°2019-1763 du 21 octobre 2019, le président de la République, Macky Sall a nommé «Amadou François Gaye, expert financier, titulaire d'un MBA de l'Université des Sciences de Philadelphie, Directeur général des Sénégalais de l'Extérieur, au Ministère des Affaires Etrangères et des Sénégalais de l'Extérieur, en remplacement de Monsieur Sory Fantamady Kaba».

Cela, 24h seulement après que Sory Kaba a dit que la Constitution ne permettait pas à l'actuel chef de l'Etat de briguer un troisième mandat, que celle-ci était verrouillée et qu'il n'y avait aucune possibilité de rétroactivité.

Pour ses propos, il a été accusé par ses camarades de l'Alliance pour la république (Apr) de «déloyauté» envers le chef de l'Etat, Macky Sall.

Cependant, ce limogeage parait trouble aux yeux de certains observateurs de la sphère politique. Le président semble donner raison à ses détracteurs qui le soupçonnent de manœuvrer pour briguer un 3ième mandat à la tête du pays.

Des opposants tels que le maire de Mermoz Sacré cœur, Barthélémy Dias, et Abdoul Mbaye du parti Act n'ont de cesse alerté leurs camarades de l'opposition et l'opinion publique que le président Macky Sall se prépare pour un autre mandat, contrairement aux dispositions de la Constitution qu'il a lui-même modifiées.

En tout état de cause, en procédant au limogeage de Sory Kaba pour avoir répété ce que lui-même a dit et redit, à de nombreuses reprises, le chef de l'Etat Macky Sall mène un «jeu trouble» sur cette histoire de troisième mandat.

D'ailleurs, il ne fait que rajouter une couche à ce climat de suspicion né de la position ambigüe de son ancien ministre de la Justice, Garde des sceaux, Ismaïla Madior Fall. Le juriste avait soutenu, en mars dernier, que « les dispositions sont claires. D'autres ont donné leur avis en disant que les dispositions ne sont pas claires.

Il appartient au président de la République d'apprécier». Cette dernière phrase avait suscité une polémique sur ledit mandat, car d'aucuns estimaient que si vraiment la question était claire, le président Macky Sall n'avait pas à apprécier, le moment venu.

A cela s'ajoute le refus du débat interne au sein de son parti, l'Apr, et de la majorité présidentielle, sur sa succession après ce second et dernier mandat.

Chaque fois que la question est soulevée, ses affidés brandissent la thèse du «débat prématuré» ou celle de «l'obligation de loyauté» envers le président Macky Sall, face à des ambitieux qui lorgneraient son fauteuil.

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