Sénégal: Stationnement des minibus Tata - Les travailleurs decrètent un arrêt de travail, jusqu'a nouvel ordre

22 Octobre 2019

Chauffeurs, receveurs, régulateurs, tous étaient sous le pont de Diamalaye à hauteur de la boulangerie-pâtisserie, arborant des serre-têtes rouges à côté d'une centaine de minibus garés pour manifester leur mécontentent.

Hier lundi dans la matinée, les transporteurs de ces cars de transport en commun urbains délogés de l'emprise du stade Léopold Sédar Senghor ont exigé un site fixe où ils pourront stationner, mais aussi qui répondra aux normes minimales, en plus de l'amélioration de leurs conditions de travail

Les opérations de déguerpissement des occupants du parking et l'emprise du stade de Léopold Sédar Senghor n'ont pas sont pas sans conséquence.

Dans le sous-secteur du transport en commun urbain, les minibus Tata (lignes 59, 63, etc.) qui avaient jusqu'alors comme terminus le parking de ce stade peinent depuis à trouver un site.

Ils ne sont pas les bienvenus sur le site de l'esplanade de Diamalaye, sous le pont du prolongement de VDN, qu'ils occupent actuellement.

Mieux, du fait des nombreux désagréments causés à la mobilité à hauteur de nouveau terminus provisoire qu'ils ont trouvé, ils sont sommés par les autorités municipales locales de vider les lieux.

En attendant l'effectivité de cette directive, hier lundi dans la matinée, chauffeurs, receveurs, régulateurs, tous se sont regroupés à Diamalaye pour fustiger les conditions dans lesquelles ils travaillent.

Ainsi, plus de 100 bus sont garés sur la voie publique à Diamalaye, en face de la boulangerie-pâtisserie, causant donc des problèmes de mobilité et de circulation. C'était un désordre total dans cette partie de Dakar.

«NOUS NE SOMMES PAS EN GREVE, MAIS... »

En effet, depuis la veille de la Tabaski, les transporteurs entaient sommés de quitter les alentours du stade de l'Amitié (Léopold Sédar Senghor).

C'est alors qu'a commencé leur calvaire, selon le secrétaire général des Syndicats autonomes des travailleurs des transports au Sénégal, Amadou Samb, qui déclare un arrêt de travail des minibus jusqu'à ce que les conditions soient réunies. «Nous ne sommes pas en grève, mais nous avons plutôt décrété un arrêt de travail», précise-t-il. Leurs conditions de travail sont indignes, selon lui.

«Nous savons tous qu'à AFTU (Association de financement des transports urbains, ndlr) les conditions de travail sont très mauvaises. Malgré cela, nous continuons à travailler, à faire des actions pour améliorer nos conditions. Mais, trop c'est trop !», dit Amadou Samb.

En effet, «du stade de l'Amitié au terrain de Diamalaye, chaque jour c'est le même scenario. A chaque fois on nous demande de quitter les lieux.

Aujourd'hui, le problème c'est que nos supérieurs veulent nous installé sous le pont avec tous les risques innombrables. Chose que nous n'allons accepter parce que nous n'allons pas risquer nos vies pour un travail qui n'en vaut pas la peine.

C'est pour cela que nous avons décidé de garer nos bus et décrété un arrêt de travail jusqu'à ce qu'ils décident de nous trouver un site fixe qui répondra aux normes minimales», ajoute t-il.

D'ailleurs, selon le secrétaire général, un responsable d'AFTU est venu pour leur dire que le maire va signer un papier à 15 heures (hier lundi) leur autorisant de stationner sur le terrain.

Mais les travailleurs n'ont pas l'air d'avaler les mots du responsables puisque, selon Ousmane Wade, receveur à la ligne 63, ce qui intéresse leur patron ce sont les versements car depuis fort longtemps, chaque jour, ils leurs promettent de faire ceci ou cela; mais à l'arrivée rien n'est fait.

«Maintenant nous sommes fatigué», lance Thierno Sy, chauffeur de Tata. «Même pour faire nos besoins naturels, nous sommes obligés d'aller vers les maisons d'à côté», ajoute-t-il.

Sous le pont de Diamalaye, avec plus de 100 minibus garés sur la voie publique, les travailleurs campent sur leur position et ne comptent pas quitter le lieu. La venue d'un agent d'Agéroute leur signaler qu'ils sont en train d'entraver la circulation n'y fera rien.

LES RIVERAINS DENONCENT L'ANARCHIE SOUS LE PONT DE DIAMALAYE

En outre, cette situation des travailleurs d'AFTU ne laisse pas indifférents les riverains qui se plaignent de l'anarchie créée par les chauffeurs, les laveurs de voitures, les charretiers et les vendeurs installés sous le pont.

«Notre quartier est en train de devenir, petit à petit, un marché. Les charretiers se sont installés ainsi que les laveurs de voitures. Maintenant, c'est le tour des minibus Tata», se désole un septuagénaire.

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