Congo-Kinshasa: Goma - Le mouvement de grève s'intensifie dans le secteur public

Les agents de trois institutions publiques à savoir : l'Office national des produits agricoles (Onapac), l'Office des routes (OR) et la prison centrale de Munzenze de Goma (Nord-Kivu) ont observé, le lundi 21 octobre 2019, un mouvement de grève. Ils réclament entre autres, le non-paiement de salaire et des primes. Ces agents dénoncent également la megestion dans leurs institutions respectives.

C'est un lundi mouvementé à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Les groupes syndicaux de l'Onapac, de l'OR et de la prison centrale de Munzenze revendiquent les meilleures conditions de travail dans ces établissements de l'État. Ils appellent tous à la démission de leurs équipes respectives de gestion.

« C'est paradoxal parce qu'il y a quand même des recettes qui rentrent dans l'entreprise mais, nous ne comprenons pas pourquoi l'équipe de gestion ne nous paye pas. Lors de la célébration de la journée du café, le 1er octobre dernier, le représentant des cultivateurs avait confirmé que l'Onapac produit des recettes mais, nous nous étonnons qu'on ne soit pas payé », s'est exclamé Maneno José, agent à l'Onapac-Goma rencontré devant l'enclos de cet office public.

De son côté, le représentant des retraités de l'Onapac-Goma, Kulemba Nsomo a exprimé sa désolation de voir les retraités de 2012 ne pas bénéficier de décompte final jusqu'à ce jour, alors qu'ils ont servi le pays, déplore-t-il. Ce retraité de troisième âge appelle l'État congolais à venir à leur secours.

La responsabilité du gouvernement central mise en cause

En outre, le directeur de l'Onapac-Goma, Joël Mbedi Mbuyu, reconnait les difficultés que rencontre son institution, estimant que cette situation nécessite l'intervention de l'administration centrale à Kinshasa. « Depuis le 20 février 2019, le ministère de l'Agriculture avait décidé de rabattre le tarif de prestation de service de l'Onapac-Goma de 3,5% à 2% pour le café. Alors que nos prévisions budgétaires de 2019 pour payer les arriérés de salaire étaient basées sur les 3,5%. Nous avons reçu le cahier de charges des syndicalistes et nous y travaillons pour des solutions utiles », a-t-il rassuré.

Cependant, Kofina Pangi, le directeur de provincial de l'Office des routes au Nord-Kivu voit derrière cette grève, une intention tribale qui animerait les agents de l'Office des Routes à Goma.

« Nous sommes au moins 150 agents à l'Office des Routes ici à Goma. Mais seulement, sept agents sont dehors pour grever. Tout ceci c'est parce que depuis mon arrivée dans cette entreprise, j'ai démantelé le réseau du vol dans nos magasins. Kinshasa a fait retraiter le chef de centre qui coopérerait avec celle qui gère les magasins. Et ceux qui sont de la même tribu avec lui s'en prennent à moi, alors que c'est une décision de la Direction générale », précise Kofina Pangi qui se dit être confiant d'une solution dans les jours avenirs.

Par ailleurs, les agents administratifs qui sont des nouvelles unités au sein de la prison centrale de Goma dit « Munzenze », ont pris d'assaut les rues de Goma jusqu'au Gouvernorat de la province. Ils réclament quant à eux, une année et trois mois impayés de prime équivalant à 50.000 francs congolais promis par le Gouvernement provincial. Cette prime, selon ces employés de Munzenze, reste tout de même insignifiante, ne correspondant pas à leurs grades. Ils demandent l'implication du Gouvernement central.

Ces grévistes ont déposé un mémorandum au gouverneur de province à qui ils demandent de revoir leur situation sociale. Néanmoins, la responsabilité du pouvoir central est donc mise à l'épreuve face à tous ces mouvements de grève au Nord-Kivu.

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