Afrique de l'Ouest: Une responsable de l'UNICEF souligne la "souffrance silencieuse" des femmes dans les établissements sanitaires

Dakar — La directrice régionale Afrique de l'Ouest et du Centre de l'Unicef, Marie Pierre Poirier, a souligné mardi à Dakar la "souffrance lourde et silencieuse" des femmes ayant recours aux soins dans les établissements publics de santé, à l'origine selon lui de la réticence de ces dernières à fréquenter les structures en question.

"C'est une souffrance sourde, souvent silencieuse aussi difficile à croire qu'à entendre" à laquelle les femmes ayant recours aux soins dans les établissements publics de santé sont confrontées, a-t-elle dit à l'ouverture mardi à Dakar d'un Forum régional sur l'expérience des soins en Afrique.

Elle a fait état d'une récente étude démontrant que la délivrance des soins pour les femmes dans les établissements de santé publics est souvent "très médiocre", soulignant qu'une expérience de soins négative influe sur le recours aux soins et reste un "obstacle majeur" à l'utilisation des services de santé.

Une situation qui entraine "une réticence des femmes à fréquenter les centres de santé, une fréquentation tardive de ces structures et le choix même d'accoucher à domicile au lieu d'aller à l'hôpital", a indiqué la directrice régionale de l'Unicef, le Fonds des Nations unies pour l'enfance.

Outre cette étude dont elle n'a pas donné les détails, Mme Poirier a évoqué des "recherches multicentriques" ayant selon elle démontré que la violence dans les établissements de santé était non seulement courante mais en fait largement répandue ainsi que la négligence et l'indifférence qui conduisent trop souvent à des décès maternels et néonatals.

Des affirmations confortées par une enquête anthropologique initiée par l'Unicef sur les soins aux nouveaux-nés dans les établissements de santé et à domicile, a également révélé que les nouveaux-nés sont également des "victimes silencieuses de différents types de violence dans les établissements de santé."

L'anthropologue de l'Institut Umiess-GID France, Yannick Jaffré, dont la présentation portait sur le thème : "Comment comprendre la violence dans les services de santé", note la "ralité" de cette situation dans les structures des santé où "les femmes subissent plus cette violence que les nouveaux-nés surtout la violence verbale".

Les études scientifiques "montrent que les femmes sont bien souvent, trop souvent blâmées de leurs souffrances par les professionnelles de santé", a-t-il relevé, pointant le "mauvais accueil" des sages-femmes en particulier.

Ce premier Forum de trois jours consacré à l'expérience à des soins dans les formations sanitaires pour les femmes, les nouveaux-nés, les enfants, les adolescents et leur famille en Afrique sub-saharienne devrait permettre d'identifier les interventions porteuses pour régler la problématique de la violence dans les structures de santé.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: APS

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.