Congo-Kinshasa: Environnement - Un accord de partenariat pour la gestion de la réserve de faune à okapis

L'aire protégée, située dans le nord-est de la République démocratique du Congo, sera désormais gérée dans le cadre d'un nouvel accord de partenariat de gestion entre la Wildlife conservation society (WCS) et l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), selon un communiqué de presse de WCS.

WCS, l'ICCN et leurs partenaires espèrent, dans le cadre du nouvel accord de partenariat de gestion, faire retrouver à la réserve son « ancien statut de classe mondiale», a déclaré WCS dans son communiqué. Les différentes parties prévoient de stabiliser davantage la réserve et les forêts environnantes, d'améliorer le bien-être et le fonctionnement de ses rangers ainsi que celui des communautés résidentes.

« L'ICCN ne dispose ni des fonds ni de l'expertise pour gérer efficacement leurs aires protégées et conclut des partenariats publics privés pour la plupart de ses aires protégées. La structure de cogestion de la réserve faunique d'okapis devrait apporter les ressources financières indispensables et une efficacité accrue des opérations et attirer un leadership doté d'une expertise en matière d'application de la loi », a déclaré John Lukas, cofondateur du projet de conservation okapis, géré par l'ONG Wildlife conservation global, cité par news.mongabay.com.

« Nous serons responsables de l'éducation à la conservation, des relations et de l'assistance communautaires, des groupes de femmes, de l'agroforesterie, de la gestion des okapis et du piégeage avec une caméra afin de susciter l'intérêt pour la faune sauvage de la réserve faunique d'okapis. Nous avons soutenu les rangers et leurs efforts de patrouille jusqu'à présent et nous allons transférer cette responsabilité à WCS dès que les fonds seront disponibles », a poursuivi John Lukas.

Les communautés locales ne font pas partie de la structure de l'accord officiel, a déclaré John Lukas, mais elles seront consultées à mesure que les détails de la gestion deviendront plus clairs. « Nos éducateurs sont fondés autour de la réserve et interagissent régulièrement avec les communautés et feront part de leurs préoccupations à l'unité de gestion de la réserve», a-t-il ajouté.

Les menaces qui pèsent sur la réserve se sont multipliées au cours des dernières années, mais l'une des plus immédiates, auxquelles les équipes de gestion espèrent s'attaquer, est l'exploitation illégale de l'or.

La maladie d'Ebola, une autre menace

Par ailleurs, les équipes de la réserve sont actuellement aux prises avec une épidémie d'Ebola à Mambasa, à 70 km d'Epulu, où se trouve le siège de la réserve. Cela a rendu difficile le déplacement du personnel dans la région, a indiqué John Lukas. Malgré les défis, la conservation de la réserve de faune à okapis est cruciale, estiment les écologistes.

La réserve de faune à okapis, qui s'étend sur environ 13 700 km2 de la forêt tropicale d'Ituri, abrite non seulement cette espèce animale, plus proche parent vivant de la girafe, mais également plus de cent espèces de mammifères, y compris d'importantes populations d'éléphants de forêt et de chimpanzés, et près de quatre cents espèces d'oiseaux enregistrés. Patrimoine mondial de l'Unesco, la réserve est habitée par des populations nomades traditionnelles de Pygmées Mbuti et de chasseurs Efe et occupe environ un cinquième de la forêt d'Ituri au nord-est du pays. Le bassin du fleuve Congo, dont la réserve et la forêt font partie, est un des plus grands systèmes de drainage d'Afrique.

La réserve de faune abrite des espèces menacées, de primates et d'oiseaux et environ cinq mille okapis, sur les trente mille vivant à l'état sauvage. Elle possède également des sites panoramiques exceptionnels, dont des chutes sur l'Ituri et l'Epulu.

Mais cette réserve a également été frappée par des activités illégales de chasse, d'exploitation forestière et minière, et attaquée par des bandes de groupes armés. En 2012, par exemple, une attaque brutale perpétrée par des groupes armés à son siège a tué six personnes et quatorze okapis en captivité, maintenus sur place en tant qu'ambassadeurs de l'espèce auprès de la communauté locale. Au cours des vingt-cinq dernières années, le nombre d'okapis aurait diminué de près de 50%, ce qui aurait valu à l'epèce d'être classée sur une liste rouge d'espèces en voie de disparition de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

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