Guinée: Deux journalistes d'Al-Jazeera forcés de quitter le pays

communiqué de presse

Deux journalistes d'Al-Jazeera ont été contraints de quitter la Guinée la semaine dernière, suite au retrait de leurs accréditations par les autorités du pays. Reporters sans frontières (RSF) dénonce cette mesure et s'inquiète de la volonté du régime en place d'entraver le travail des journalistes étrangers.

Le chef du bureau d'Al -Jazeera à Dakar, Nicolas Haque, et le caméraman Hugo Bogaeert, ont été arrêtés et détenus pendant plusieurs heures, le 17 octobre 2019, par la police à Conakry.

Les deux journalistes ont été accusés d'espionnage et d'atteinte à la sécurité de l'Etat et leurs accréditations retirées. Ils étaient en Guinée, pour une série de reportages sur l'actualité politique et économique.

Selon des informations recueillies par RSF, la Haute autorité de la communication (HAC) a retiré les autorisations, parce que les deux journalistes avaient fait une demande pour une « couverture des zones minières, et non des reportages à caractère ethnocentrique ».

Les deux reporters et leur fixeur guinéen ont été arrêtés au moment où ils étaient en train de faire un tournage au stade où se sont déroulés les évènements du 28 septembre 2009 au cours desquels plusieurs opposants avaient été tués par des militaires.

Nicolas Haque a confié à RSF que le retrait de son accréditation fait suite à la diffusion de l'un de ses reportages sur les tensions ethniques en Guinée.

"C'est notre reportage qui a dérangé », ajoute-t-il. Il a toutefois souligné que les accusations ont été abandonnées, suite à plusieurs interventions de plusieurs autorités dont le président Alpha Condé.

«Le retrait des accréditations est une entrave à la liberté d'informer, car la HAC ne doit pas servir d'instrument de répression des médias.

Elle doit plutôt veiller à faciliter le travail des journalistes en s'abstenant de toutes décisions non fondées en fait et en droit", déclare Assane Diagne, directeur du bureau Afrique de l'Ouest de RSF.

La Guinée est en proie à des manifestations violentes, depuis quelques semaines, à l'appel du Front national de la défense de la Constitution (FNDC), un mouvement qui s'oppose à la volonté du président Alpha Condé de modifier la constitution pour lui permettre de briguer une troisième mandat.

La Guinée occupe la 107e place du Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2019 par RSF.

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