Madagascar: Projet Tana-Masoandro - Compromis difficile à trouver entre l'Etat et les contestataires

Une entente difficile, voire impossible à trouver entre l'Etat et les habitants d'Ambohitrimanjaka qui contestent la réalisation de la nouvelle ville Tana-Masoandro.

En effet, les deux parties continuent de camper sur leur position respective. Hier, le président Andry Rajoelina a envoyé des émissaires à Anosibe Zaivola pour entamer des négociations avec la population locale, mais aussi et surtout pour rassurer cette dernière par rapport aux rumeurs et manoeuvres de déstabilisation qui engendrent ce projet. La délégation était composée entre autres, de Pierre Houlder Ramaholimasy, Directeur général auprès de la Présidence de la République en charge des affaires politiques, Augustin Andriamananoro, Directeur général auprès de la Présidence de la République en charge des Projets présidentiels, Gérard Ramanohisoa, Conseiller spécial du président et non moins premier responsable du projet Tana-Masoandro, Rinah Rakotomanga, Directrice de la Communication et des Relations publiques au sein de la Présidence, ainsi que des hauts responsables au niveau des différents ministères concernés, à savoir le Ministère de l'Aménagement du territoire, le Ministère de la Population et le Ministère de l'Agriculture.

Diamétralement opposées. C'est ainsi que l'on peut qualifier la position des deux parties. D'un côté, l'Etat insiste sur l'importance de ce projet innovant qui apportera le développement non seulement à Ambohitrimanjaka mais aussi pour la capitale. Par ailleurs, Tana-Masoandro est considéré comme le fer de lance parmi les « velirano » présidentiels donc, il doit être réalisé. De l'autre côté, les habitants d'Anosibe Zaivola refuse catégoriquement d'écouter cet argument. Pour eux, « il est hors de question de quitter le Tanindrazana ». « Nous ne sommes pas contre le développement, mais trouvez un autre endroit pour réaliser votre projet », ont-ils martelé.

Par ailleurs, profitant de la présence d'une délégation de la Présidence dans leurs terres, ils réclament la construction de nouvelles infrastructures aux normes à Ambohitrimanjaka. Outre l'électrification, la population locale souhaite aussi l'installation d'infrastructures scolaires et d'un hôpital, mais aussi d'un centre culturel et d'un terrain « manara-penitra » pour les jeunes. Ambohitrimanjaka réclame aussi le renforcement des capacités des agriculteurs et des éleveurs locaux, afin de professionnaliser les secteurs et d'augmenter la production.

A travers ces demandes, l'on voit que les habitants d'Ambohitrimanjaka n'envisagent pas de faire machine arrière. Quoiqu'il en soit, bien malgré la différence de points de vue, les discussions d'hier se sont déroulées dans le calme et dans le respect du Fihavanana malagasy. A noter qu'il s'agit d'un début car les deux parties se sont convenues de poursuivre les pourparlers. Durant cette descente, Pierre Houlder Ramaholimasy a tenu à rassurer les habitants d'Anosibe Zaivola. « Contrairement aux rumeurs véhiculées actuellement par les détracteurs du régime, l'Etat n'envisage pas de faire un forcing. Les travaux ne débuteront qu'après un accord trouvé avec la population locale ». C'est ce qu'aurait ordonné le président Andry Rajoelina.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Midi Madagasikara

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.