Congo-Brazzaville: Rentrée littéraire - Philippe Moukoko revient sur le "Dictionnaire général du Congo-Brazzaville"

interview

L'auteur de l'ouvrage paru en début d'année chez l'Harmattan, notamment la deuxième édition, répond aux questions des Dépêches de Brazzaville.

Quel sentiment éprouvez-vous après la parution de votre œuvre ?

J'évoquerai cette phrase d'Aimé Césaire dans "Une Saison au Congo" : « L'enfantement se fait dans la douleur, c'est la loi ; mais quand l'enfant naît, on lui sourit ». Pour moi, c'est un bonheur de voir cette seconde édition, un bonheur de valoriser notre patrimoine historique, de parler de notre civilisation, de quitter la culture de l'oralité, de porter à la postérité ce qu'était le Congo d'hier et ce qu'il est aujourd'hui, aussi bien dans ses misères politiques que dans ses splendeurs artistiques actuelles.

Avec le recul de ces quelques mois, pouvez-vous nous dire comment a été reçu votre ouvrage depuis sa parution ?

L'accueil critique est très satisfaisant. J'ai eu un mot très gentil de Boniface Mongo-Mboussa. Noël Kodia Ramata et Pierre Ntsémou sont tout en joie quand ils commentent ce dictionnaire sur internet ou sur leurs murs de Facebook. Je les remercie infiniment. Les bibliothèques d'universités françaises sont au rendez-vous pour l'acquisition de l'ouvrage comme, d'ailleurs, lors de la première édition. Parmi elles se trouvent déjà celles de Provence, de Toulouse, d'Orléans, de Sorbonne nouvelle sans compter celle de l'Académie des Sciences d'outre-mer et celle de l'Institut national des langues et civilisations orientales. J'attends maintenant que les Congolais de tous horizons aillent vers l'ouvrage.

A propos de ce livre, nous avions évoqué, ici-même, dans nos colonnes, l'entrée significative de figures féminines, ce qui diffère de la première édition. Des réactions particulières vous sont-elles parvenues sur cet aspect ?

Oui, sur Facebook, nos compatriotes ont des réactions très positives et souhaitent même que j'ouvre toujours plus le dictionnaire aux femmes. Dans la première édition de 1999, il n'y avait que quatre ou cinq femmes. Dans la deuxième édition, j'en ai ajouté une vingtaine, allant de grandes dames dont on ne parle plus aujourd'hui comme Félicité Safou-Safouesse, Céline Eckomband, Joséphine Bijou, Marie Bella ou Solange Koulinka, aux têtes d'affiche actuelles de la peinture congolaise comme Rhode Bath-Schéba Makoumbou, Bill Kouélany, etc. J'ai constaté la même satisfaction auprès de mon amie Marie-Léontine Tsibinda à laquelle j'ai accordé une interview, publiée depuis sur son blog. C'est, d'ailleurs, elle qui m'a suggéré de consacrer une entrée à Hélène Bouboutou, première Congolaise à obtenir un doctorat.

Le poète Gabriel Mwènè Okoundji affirme que le « Dictionnaire général du Congo-Brazzaville » reste l'un des événements qui auront le plus marqué la scène littéraire congolaise cette année. Partagez-vous ce point de vue ?

Je sais que Mwènè Okoundji suit avec un œil de lynx l'actualité culturelle de notre pays. S'il le dit, eh bien, j'en suis tout-à-fait ravi !

Et vous êtes aussi l'auteur d'un roman "Comme c'est beau la France !" Allez-vous poursuivre dans cette voie ou projetez-vous d'ores et déjà pour bientôt de nouvelles publications ?

Oui, le désir d'écrire est semblable au désir d'aimer. Il ne s'atténue qu'en cas d'impossibilité physique ou lorsque l'on quitte ce monde pour aller à Mpemba. Je travaille actuellement sur un roman historique qui portera sur le monde congolais des années 1880. Rendez-vous donc d'ici à deux ou trois ans !

Dictionnaire général du Congo-Brazzaville : alphabétique, analytique et critique avec des annexes cartographiques et un tableau chronologique

Auteur : Philippe Moukoko

Paru le : 17/01/2019

Éditeur(s) : L'Harmattan

Prix : 45 euros

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