Guinée: Condamnation par un tribunal des principaux initiateurs des manifestations

23 Octobre 2019

La justice guinéenne a condamné les principaux responsables du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) arrêtés dans le cadre des manifestations, qui ont fait une dizaine de morts le lundi 14 octobre dernier en Guinée, contre un troisième mandat du président Alpha Condé. Abdourahamane Sanoh, coordinateur du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), et quatre autres responsables écopent entre un an et six mois ferme.

Abdourahamane Sanoh, coordinateur du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) en Guinée, a été condamné à un an de prison ferme et quatre autres responsables à six mois ferme.

Trois autres prévenus ont été relaxés. C'est le verdict d'un tribunal de Conakry prononcé hier, mardi 22 octobre, à l'issue du procès des principaux responsables du FNDC arrêtés dans le cadre des manifestations en Guinée contre un troisième mandat du président Alpha Condé.

Contestations violemment réprimées par les Forces de l'ordre et qui ont fait une dizaine de morts, le lundi 14 octobre dernier.

Ils sont poursuivis pour troubles graves à l'ordre public pour avoir appelé à manifester et à paralyser l'économie à partir du 14 octobre, en réaction au projet de réforme constitutionnel devant ouvrir la voie à un troisième mandat pour le président Condé.

Selon Lemonde.fr/Afrique, le jugement a été accueilli dans la salle par des cris de «Justice corrompue !». «C'est un procès inique dirigé par des magistrats sous influence de l'exécutif, s'est indigné Mohamed Traoré, l'un des avocats des prévenus.

C'est une manière pour le pouvoir d'intimider la population [et de dire] que quiconque essaie de s'opposer au projet de troisième mandat [du président Alpha Condé] sera jugé et condamné.»

Le procureur avait requis contre sept prévenus la peine maximale de cinq ans de prison ferme, et la relaxe du huitième. Les avocats des prévenus ont dit leur intention de faire appel.

Par ailleurs, toujours dans le cadre du procès des dizaines de membre du FNDC et de manifestants arrêtés à travers le pays, un tribunal de Mamou, à 300 km de Conakry, a condamné lundi trois personnes à un an de prison avec sursis, 20 à six mois avec sursis et en a relaxé 19 autres, informe Lemonde.fr/Afrique.

En effet, à la suite de l'appel à la mobilisation lancé par le FNDC, Conakry et plusieurs villes guinéennes ont été en proie, la semaine dernière, à des heurts violents.

Au moins huit manifestants (dix selon l'opposition) et un gendarme ont été tués, des dizaines d'autres blessés. «Nul ne peut être détenu pour avoir organisé ou appelé à une manifestation pacifique.

Les leaders du FNDC doivent être libérés immédiatement et sans condition», a réagi François Patuel, chercheur à Amnesty International. «Ces condamnations de leaders de la société civile confirment la volonté des autorités guinéennes d'écraser toute forme de dissidence.»

«SEMER LA PAGAILLE»

Les défenseurs des droits humains dénoncent un usage excessif de la force par les services de sécurité, des arrestations arbitraires et une répression visant à faire taire l'opposition.

De son côté, le pouvoir dit que le mouvement est illégal, faute de déclaration préalable. Et, pour justifier la répression, il invoque les risques causés à la sécurité publique.

La communauté internationale s'alarme du danger d'une escalade. L'ONU, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), les Etats-Unis, l'Union européenne et la France ont appelé au dialogue et, de la part des autorités, au respect des libertés.

Mais aucune sortie de crise ne paraît en vue et le FNDC, coalition de partis d'opposition, de syndicats et de membres de la société civile, appelle de nouveau à manifester cette semaine.

Le président guinéen a assuré, samedi dernier, que la contestation était limitée et accusé ses adversaires de chercher à «semer la pagaille pour décourager les investisseurs».

«Quand on accuse les gendarmes de tirer à balles réelles, sachez que ce sont les manifestants eux-mêmes qui tuent des gens pour ensuite faire accuser le gouvernement et ternir l'image du pays», a-t-il dit.

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